La Coop de Caraquet reste dans le rouge

CARAQUET – Le déficit de la Coopérative de Caraquet continue à se creuser, bien que ses responsables assurent être en train de le résorber. Et les ventes sont en baisse.

En raison de cette situation, aucune ristourne ne sera versée aux membres pour une deuxième année consécutive. «Les ristournes que les membres accumulent sur leurs achats sont toujours comptabilisées et cet argent leur appartient encore», a-t-on fait savoir. Entre 1993 et 2013, la Coopérative a remis près de 13 millions $ en ristournes à ses membres.

Les crédits cesseront définitivement eux à compter du 1er avril. Ces annonces ont été faites lundi soir lors de l’assemblée générale.

«Nos années sombres seront bientôt derrière nous», déclare Michel Rail.

«Notre situation financière s’améliore», renchérit Nathalie Duguay.

Le discours des responsables de la Coopérative de Caraquet, notamment celui du président du conseil d’administration et de la directrice générale, se veut rassurant. Pourtant, le contexte financier continue d’inquiéter les membres.

Pour la deuxième année consécutive, les comptes restent dans le rouge. Alors que le déficit était de 1 million $ à la fin de l’exercice financier 2012-2013, un nouveau déficit de 1,7 million $ est enregistré sur la période 2013-2014. Un mauvais résultat que la direction de la Coop a nuancé lors de l’assemblée générale lundi à Caraquet, en le détaillant.

Le nouveau déficit de 1,7 million $ comprend un déficit aux opérations ordinaires de 240 000 $ auquel s’ajoutent «des pertes extraordinaires non récurrentes» qui n’apparaîtront plus l’année prochaine dans les livres de comptes. Il s’agit de la dévaluation (1,2 million $) de la valeur de l’ancien magasin situé boulevard Saint-Pierre Ouest, mis en vente en janvier, et des pertes entraînées par la fermeture du commerce de Sainte-Marie-Saint-Raphaël (335 000 $).

«Nous tentons de stopper l’hémorragie», indique Michel Rail.

Les ventes sont en berne. Elles ont reculé de 6 % en 2013/2014 par rapport à celles réalisées en 2012-2013 (37 millions $ contre un peu plus de 39,5 millions $). Ce point n’a pas échappé aux membres.

Pour eux, les prix pratiqués à l’IGA-Coop du boulevard Saint-Pierre Est restent trop élevés comparés à ceux observés dans les enseignes de la région. Cela expliquerait pourquoi des clients magasinent ailleurs.

«Ça fait plus de 30 ans que je suis membre de la Coop. Je vis à Caraquet, mais maintenant je vais faire mes courses à Tracadie. C’est moins cher, la qualité est meilleure et le service est là», explique Thérèse Thériault.

Michel Rail réfute cet argument. Le président ne s’explique pas cette désertification. Au contraire, il aimerait la comprendre.

«Nous sommes dans un marché très compétitif. Nous avons les moyens de nous maintenir. Le bon rapport qualité/prix, la variété… tout est là», affirme-t-il.

La conjoncture contraint une fois de plus les responsables de la Coop à geler les ristournes accordées à ses membres.

«Étant donné notre déficit, en verser ne ferait qu’aggraver les choses. De plus, la Loi sur les associations coopératives nous l’interdit, en raison de notre situation financière», justifie Michel Rail.

Les membres présents à l’assemblée générale lundi soir – ils étaient plus de 400 – ont accueilli la nouvelle en grinçant des dents. Tout comme ils n’ont pas apprécié d’apprendre que la politique de crédits (qui permettait aux membres d’acheter à crédit) cessera au 1er avril, car trop coûteuse à gérer.

Si certains sont repartis plus catastrophés qu’ils ne l’étaient quant à l’avenir de leur Coop, d’autres se montrent confiants. Tel Hédard Hébert.

«Les temps ne nous sont pas favorables, mais ça va revenir. Il faut y croire.»

Après la pluie vient le beau temps, dit-on.

Dans l’attente d’une vente pour renflouer les caisses

Les responsables de la Coop de Caraquet ont bon espoir de vendre l’ancienne bâtisse et le terrain qu’ils occupaient jusqu’à l’année dernière sur le boulevard Saint-Pierre Ouest. Une transaction qui permettrait de renflouer les caisses en ces temps de disette financière.

Le site a été mis en vente en janvier, par un courtier basé à Moncton. D’après Michel Rail, président du conseil d’administration, une dizaine d’acheteurs potentiels est venue voir les lieux et d’autres visites sont programmées. La Coopérative n’a reçu aucune proposition d’achat.

Pour coller au prix du marché, les responsables ont dévalué le prix de 1,2 million $. Actuellement, un acquéreur devrait débourser près de 1,3 million $ pour l’édifice, ses équipements et le terrain, alors qu’ils en valent quasiment le double.

«Si nous ne vendons pas d’ici la fin de l’année, il faudra prendre une décision quant à garder ou non la bâtisse», prévient Michel Rail.

Dans les mois à venir, l’ancien magasin pourrait être détruit. À noter que si le bâtiment était vendu, une pharmacie ou un marché d’alimentation ne pourrait s’y installer. Une clause dans le contrat de vente le stipule.