Poursuite de Rino Volpé: le gouvernement défend son congédiement

MONCTON – Le gouvernement provincial rejette en bloc les allégations de Rino Volpé dans sa poursuite. Il estime que le ministre de la Santé avait le droit de le congédier et que si quelqu’un a nui à la réputation de Rino Volpé, c’est bien l’ancien PDG du Réseau de santé Vitalité lui-même.

Dans un document déposé en cour le 11 mars, le gouvernement expose les grandes lignes de sa défense. Il n’accorde aucune crédibilité aux arguments avancés par l’ancien PDG du Réseau de santé Vitalité.

La Province estime que son congédiement par le ministre de la Santé, Victor Boudreau, était justifié en raison du bris de son contrat de travail. Le gouvernement maintient que Rino Volpé a «refusé de collaborer avec les divers intervenants régionaux, notamment en retirant la participation du Réseau de santé Vitalité à presque tous les comités provinciaux», ce qui contrevenait à son contrat.

Elle affirme aussi que Rino Volpé a «négligé et/ou refusé de travailler avec les divers paliers de gouvernement, le Département de la Santé (sic) et le ministère du Développement social». Il s’agit là, à peu près, des mêmes raisons évoquées par Victor Boudreau dans sa lettre de congédiement.

Le gouvernement nie que le ministre Boudreau a atteint à la réputation de l’ancien PDG en ne corrigeant ou en ne retirant pas cette lettre, comme l’avance ce dernier dans sa poursuite. Il affirme que si Rino Volpé a subi des dommages à sa réputation, ce qu’il nie, «ceux-ci ont été causés en tout ou en partie par le demandeur lui-même» parce que c’est lui qui a rendu publique la lettre en question.

Quant à la dimension constitutionnelle de la poursuite de Rino Volpé, qu’il a depuis retiré, le gouvernement provincial estime qu’il a le droit de nommer et de congédier les PDG des deux réseaux de santé de la province. La santé est une compétence «plénière et exclusive pour légiférer en matière de santé», dit-il.

Il avance d’ailleurs que Rino Volpé ne peut tenter d’avoir gain de cause en alléguant que son congédiement brime les droits constitutionnels collectifs des francophones de la province puisqu’il n’a «pas la qualité d’agir».

En somme, le gouvernement demande au juge de rejeter la réclamation de Rino Volpé et de lui ordonner de rembourser les dépenses encourues.

Rappelons que Rino Volpé a été mis à la porte par Victor Boudreau en novembre. Il a déposé une poursuite en décembre. Il allègue que son congédiement était injustifié et demande notamment un dédommagement de plusieurs centaines de milliers de dollars.