Droits de scolarité: un dernier rabais en 2015

MONCTON – Une pétition électronique qui s’oppose à l’abolition du rabais sur les droits de scolarité recueille plus de 13 000 signatures en moins d’une journée. Le gouvernement de Brian Gallant a annoncé la mesure lors du dépôt de son premier budget, mardi.

Plus de 13 000 personnes appuient la sauvegarde du rabais sur les droits de scolarité, qui incitaient les diplômés d’institutions postsecondaires à travailler dans la province. Le programme permettait aux diplômés travaillant au Nouveau-Brunswick d’obtenir un rabais sur la moitié de leurs droits de scolarité jusqu’à un maximum de 20 000 $ par un remboursement d’une portion de leurs impôts personnels.

Le texte qui accompagne la pétition mentionne que plusieurs jeunes professionnels se servaient du rabais pour réduire leur dette étudiante ou pour acheter une maison. La formule stimulerait l’économie en gardant des travailleurs qualifiés au Nouveau-Brunswick.

«Un grand nombre de diplômés ne restent pas dans la province après leurs études. Ceux qui sont restés l’ont fait en majorité pour avoir le service de remboursement de frais de scolarité. Le fait de retirer cet avantage affecte les gens qui essaient de se faire une vie au Nouveau-Brunswick et aliène ceux qui seront intégraux dans l’avancement de la province.»

Le ministre des Finances Roger Melanson n’est vraisemblablement pas impressionné par la pétition électronique.

«Les médias sociaux vont faire ça. Je comprends ça. C’est un outil utilisé pour faire de telles choses.»

Trevor Holder, critique de l’opposition en matière d’éducation postsecondaire, voit la pétition d’un autre oeil.

«Je suis à l’Assemblée législative depuis 16 ans, et je n’ai jamais vu une pétition cueillir tant de signatures en aussi peu de temps. Je pense que c’est très clair que ce gouvernement est complètement dans le noir par rapport à ce que les gens pensent.»

Selon M. Melanson, le programme de rabais sur les droits de scolarité, qui coûte 25 millions $ par année environ, n’est pas le meilleur moyen à inciter les jeunes diplômés à travailler dans la province. Les Libéraux misent plutôt sur la création d’emplois.

«À la fin de la journée, les personnes qui obtiennent leur diplôme d’une institution postsecondaire veulent avoir accès à un emploi. S’il y a un emploi pour eux, ils vont rester au Nouveau-Brunswick.»

Dans la section des commentaires de la pétition électronique, les témoignages se multiplient.

«Après avoir obtenu mon diplôme, je cherchais des moyens de payer pour mes sept années d’université. J’ai enfin décidé de déménager au Nouveau-Brunswick, car ce programme m’offrait un peu de flexibilité. Me voilà maintenant, à Moncton, et ils ôtent ce programme pour en installer un autre qui bénéficiera aux étudiants futurs et présents. Qu’en est-il de nous, les diplômés qui travaillent?», demande Pierre Babineau.

«Dans les dépliants du programme, on explique clairement que tu as 20 ans, à partir de la première année où tu obtiens des crédits pour obtenir un plein rabais. On n’affirme nulle part que cela pourrait changer. Ce n’est pas juste pour les personnes inscrites au programme de rabais!», affirme pour sa part Jordan Springer, de Fredericton.

Un dernier rabais en 2015

L’abolition du Rabais sur les droits de scolarité entrera seulement en vigueur en 2016. Les diplômés d’institutions postsecondaires qui travaillent au Nouveau-Brunswick pourront donc profiter du programme une dernière fois, cette année.

Le ministre des Finances, Roger Melanson, a confirmé la nouvelle, mercredi.

«Le programme est annulé, mais les personnes qui ont obtenu leur diplôme (d’études postsecondaires) pourront encore postuler jusqu’à la fin de l’année. À partir de 2016, le programme ne sera plus disponible.»

Les étudiants demandent que l’argent soit réinvesti

La Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) a recommandé que les fonds économisés par l’abolition des rabais sur les droits de scolarité soient réinvestis sous forme de bourses d’études postsecondaires.

Pascal Haché, nouveau président de la FÉÉCUM, estime que le gouvernement améliorerait ainsi l’accès aux universités et aux collèges.

«C’est combien d’étudiants qui ne terminent pas leurs études parce qu’ils ont eu de la difficulté financière? C’est eux autres qui ont besoin d’aide.»

Pour sa part, l’Alliance étudiante du Nouveau-Brunswick recommande que les fonds du programme de Rabais des droits de scolarité soient réinvestis dans l’élimination de l’intérêt sur la portion provinciale des prêts étudiants. Selon Pat Joyce, directeur général de l’alliance, la mesure permettrait de mieux cibler les diplômés qui ont un besoin financier.

– Avec la collaboration du journaliste Mathieu Roy-Comeau