MONCTON – Le gouvernement du Nouveau-Brunswick maintient le statu quo sur l’utilisation de l’herbicide glyphosate, malgré le fait que le produit a récemment été classé «cancérigène probable» par une agence de l’Organisation mondiale de la Santé.

En 2014, Fredericton a investi 2,4 millions $ pour traiter à l’herbicide 15 475 hectares de forêts de la Couronne, selon le ministère des Ressources naturelles. Il s’agit de la trentième année, environ, que l’arrosage est pratiqué dans la province.

Tout récemment, un groupe de travail formé de 17 experts de 11 pays du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a déclaré que le glyphosate est «probablement» cancérigène pour les humains. Quelques jours plus tard, le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick a demandé au gouvernement provincial d’interdire le désherbant.

Fredericton n’a toutefois pas l’intention de remettre en question son utilisation de l’herbicide à court terme.

Une porte-parole du gouvernement a expliqué à l’Acadie Nouvelle que la règlementation des herbicides relève de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire, un organisme de Santé Canada. La classification du CIRC, une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’aurait donc pas d’incidence sur les pratiques dans la province.

Mentionnons toutefois que sur le site Internet du ministère des Ressources naturelles, on s’appuie pourtant sur l’OMS pour affirmer que l’herbicide Vision, un des produits utilisés au N.-B., peut être utilisé en forêt «sans menacer les personnes, les animaux ou l’environnement».

Pour sa part, Santé Canada affirme qu’«aucun organisme de réglementation au monde ne considère que le glyphosate présente un risque de cancer chez l’humain».

Un porte-parole a cependant dit dans un courriel que Santé Canada et une agence américaine, l’Environmental Protection Agency, effectuent une réévaluation du glyphosate.

À cela, il ajoute qu’«il est important de noter que tous les pesticides sont homologués au Canada, et continuent de l’être, seulement si le niveau d’exposition des Canadiens n’a pas d’effets nocifs, comme des risques de cancer.»

«La récente classification du risque par l’OMS (CIRC) ne change rien à cette approche.»

Fredericton dit attendre les résultats de l’évaluation, qui aurait été entamée il y a deux ans, avant de revoir son utilisation de l’herbicide. D’ici là, les forêts du Nouveau-Brunswick continueront d’être arrosées au glyphosate.

Le glyphosate serait l’herbicide le plus utilisé au monde. On le retrouve dans plus de 750 produits pour l’agriculture et la foresterie, ainsi que dans des produits d’usage urbain et domestique.

Monsanto, la compagnie américaine qui commercialise Roundup et Vision, se dit outrée de la classification du CIRC. Elle maintient que ses produits ne posent aucun risque pour la santé des êtres humains.

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