L’opération déglaçage enclenchée sur la Restigouche [vidéo]

CAMPBELLTON – Bien que la fonte des neiges s’effectue en douceur jusqu’à présent, la rivière Restigouche et ses tributaires sont toujours prisonnières des glaces. Une situation qui met les autorités sur un pied d’alerte.

L’an dernier à pareille date, Matapédia était sur le qui-vive alors qu’un embâcle long d’une quinzaine de kilomètres s’était formé sur la rivière, occasionnant d’importantes inondations dans la municipalité gaspésienne. Cette année, il n’y a aucun signe d’inondation pour le moment, mais on demeure prudent. Surtout que de la pluie est prévue au menu pour le reste de la semaine, ce qui pourrait venir compliquer les choses.

«L’eau n’a pas encore commencé à monter. Par contre, on est toujours sur un pied d’alerte puisque les rivières en amont n’ont toujours pas cédé», explique Luc Lagacé, maire de Matapédia, qui souhaite ne pas revivre l’ampleur des inondations de 2014.

«L’hiver a été extrêmement froid cette année, ce qui fait que la glace est très épaisse dans les rivières. De plus, au début de l’hiver, on a eu des épisodes de pluie, si bien que des rivières comme la Little Main et la Upsalquitch ont cédé, et sont descendues, créant du coup des embâcles à quelques endroits dans la Restigouche. Puis ces rivières ont gelées de nouveau, ce qui fait en sorte qu’il y a beaucoup de glaces actuellement plus haut dans la rivière. Alors même si en apparence la situation ne paraît pas problématique, on demeure très vigilant, car ça pourrait débloquer à tout moment et rapidement, créant de sérieux dommages. On a des équipes qui surveillent la situation de très près », dit-il.

Jusqu’à présent, celui-ci avoue avoir été chanceux avec le printemps.

«Ça fond tranquillement le jour et ça redevient plus froid la nuit. L’eau se retire et ne s’accumule pas. C’est une situation parfaite, mais ça peut changer vite. La nature peut nous réserver des surprises. La situation est réexaminée de jour et jour, et même d’heure en heure », ajoute le maire.

Dimanche, l’aéroglisseur brise-glace Sipu Muin de la Garde côtière canadienne est arrivé dans la Baie des Chaleurs. Après une halte à Carleton en Gaspésie – où il a désengorgé le port de l’endroit pour offrir un accès aux pêcheurs –, il a pris la direction de la Restigouche. Il y restera jusqu’à ce que la rivière s’écoule librement, libérée des glaces.

Jusqu’à présent, celui-ci a concentré ses efforts dans les secteurs de Pointe-à-la-Croix et Restigouche Sud-Est.

«Ça ne servirait à rien pour le moment qu’il monte jusqu’ici, car tout est encore glacé plus bas. Il doit donc dégager cette partie de la rivière au préalable pour que ça puisse s’écouler ici», explique M. Lagacé, content de voir l’engin à l’œuvre. Car il faut dire que l’an dernier, celui-ci est arrivé avec un certain retard, ce qui n’a certes pas aidé à limiter les inondations.

«En fait, il est arrivé ici pratiquement à la même date cette année. La différence c’est que cette fois, c’est le printemps qui est un peu en retard. Ça devrait donc aider», dit-il.