Pêche: une nouvelle coalition dans les Maritimes

MONCTON – Les pêcheurs et les transformateurs de fruits de mer des Maritimes forment une nouvelle coalition. Elle militera pour une révision du programme fédéral des travailleurs étrangers temporaires.

Les pêcheurs et les transformateurs ont eu droit à leur lot de disputes au cours des dernières années, et même au cours des dernières décennies. Que ce soit les conflits autour des prix, les accrochages par rapport aux limites des prises quotidiennes ou autre, les prises de bec ne sont pas inhabituelles dans l’industrie.

Les deux partis font toutefois preuve d’une forte unité dans le dossier du programme des travailleurs étrangers temporaires. Les propriétaires d’usines, tout comme les pêcheurs, craignent le pire par rapport à la réforme implantée par le gouvernement fédéral.

Ils ont créé un nouveau groupe: la Coalition pour les produits de la mer des Maritimes. Il se penchera sur «la pénurie chronique de main-d’œuvre au sein de l’industrie et l’incapacité du gouvernement fédéral à réagir de façon constructive».

«Si le gouvernement au pouvoir ne change pas son plan d’action, les emplois canadiens ne seront pas protégés: ils seront exportés», avertit-on dans un communiqué publié lundi par la coalition.

Pour les transformateurs, la réduction de l’accès à la main-d’oeuvre étrangère causée par la réforme limitera leur capacité de production. Ils craignent un ralentissement de la croissance et une diminution des profits.

Une production au ralenti dans les usines pourrait forcer les transformateurs à imposer des quotas sur les prises. Ce que redoute les pêcheurs.

«Des quotas de ce genre-là, les pêcheurs détestent ça», explique Christian Brun, directeur général d’un organisme qui fait partie de la coalition, l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM).

«Le gouvernement est en train de limiter le potentiel d’une industrie qui, depuis quatre ou cinq ans, commence enfin à fonctionner du côté des marchés, de la ressource et des prix. Le gouvernement fédéral nous met un bâton énorme dans les roues. C’est très inquiétant», ajoute-t-il.

La réforme interdit aux employeurs de régions où le taux de chômage est plus de 6 % d’embaucher plus de 10 % de leur main-d’oeuvre de l’étranger. La coalition demande la création d’un programme semblable à celui en vigueur dans l’industrie agroalimentaire, qui permet d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires durant la saison de récolte.

«Bien que les types de produit diffèrent, les descriptions de travail, les caractéristiques des emplois, l’échelle des salairs et la dynamique des marchés du secteur des produits de la mer et du secteur agroalimentaire se ressemblent.»

En plus de l’UPM, la coalition comprend l’Association des pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard, l’Association des transformateurs de homard du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse, la Nova Scotia Fish Packers Association, la PEI Seafood Processors Association, l’Affiliation of Seafood Producers Association of Nova Scotia et la Eastern Fishermen’s Federation.

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