La réponse chiffrée du gouvernement à l’industrie des produits de la mer du N.-B.

MONCTON – En 2013, 586 travailleurs étrangers temporaires ont occupé des postes dans le secteur de la transformation du poisson. Durant la même période, 2127 Néo-Brunswickois avec de l’expérience dans le domaine ont obtenu des prestations d’assurance-emploi.

C’est en s’appuyant sur ces chiffres qu’un porte-parole du ministère de l’Emploi et du Développement social, Pierre Nolet, affirme que les employeurs de régions où le taux de chômage est élevé doivent faire un plus grand effort pour embaucher des travailleurs canadiens.

Depuis qu’elle a été annoncée, en juin 2014, la réforme du Programme des travailleurs étrangers temporaires est vivement critiquée par les transformateurs de fruits de mer et les pêcheurs. Ils affirment qu’il existe une pénurie de main-d’oeuvre au Canada, et que les travailleurs étrangers sont nécessaires pour subvenir aux besoins de production des usines.

Le gouvernement fédéral n’est pas d’accord. Selon le ministère responsable du programme, la main-d’oeuvre canadienne est amplement suffisante pour répondre à la demande des usines de transformation. Il demande aux employeurs de déployer «davantage d’efforts pour embaucher et former des travailleurs canadiens avant d’aller chercher des travailleurs étrangers temporaires.»

«Le Programme des travailleurs étrangers temporaires a été conçu pour être utilisé de façon limitée et en dernier ressort, quand les employeurs font face à une pénurie de main-d’œuvre à court terme, et seulement quand il n’y a pas de Canadiens qualifiés disponibles», explique dans un courriel M. Nolet, ajoutant que seulement 40 des quelque 400 usines se servent du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

La Coalition pour les produits de la mer des Maritimes a publié, lundi, un communiqué dans lequel elle affirme que le gouvernement du Canada exagère «la disponibilité des travailleurs locaux». Le groupe, qui représente plusieurs pêcheurs et des transformateurs, estime qu’Ottawa ne saisit pas tous les enjeux reliés à l’industrie de la pêche.

«Plutôt que de fournir des solutions constructives qui tiennent compte du fait que les bassins de travailleurs sont segmentés, que l’élasticité des salaires varie en fonction du type d’emploi et que l’érosion des effectifs dépasse l’attraction de nouveaux employés, les dirigeants fédéraux semblent déterminés à limiter de façon injuste la croissance du secteur des produits de la mer.»

Selon les données fournies par le gouvernement fédéral, au moins 33 000 Néo-Brunswickois avaient reçu des prestations d’assurance-emploi chaque mois en 2013. Plus de 2100 d’entre-eux avaient de l’expérience de travail dans une usine de transformation.

Et ailleurs…

La situation est semblable en Nouvelle-Écosse, où environ 29 000 personnes ont reçu des prestations d’assurance-emploi. Parmi ceux-ci, 1400 avaient de l’expérience en transformation de fruits de mer. Malgré tout, 112 postes liés à la transformation du poisson ont été pourvus par des travailleurs étrangers.

À l’Île-du-Prince-Édouard, au moins 6000 personnes ont reçu des prestations en 2013, dont 221 avaient de l’expérience dans une usine. Au total, 362 travailleurs de l’étranger ont oeuvré dans le domaine de la transformation.

D’ici deux ans, les propriétaires d’usines de transformation qui veulent embaucher plus de 10 % de leur main-d’oeuvre de l’étranger devront être en mesure de démontrer qu’il n’y a «aucun Canadien qualifié disponible», selon M. Nolet.

Personnes qui ont reçu des prestations d’assurance-emploi, et qui ont de l’expérience de travail dans une usine de transformation du poisson au Nouveau-Brunswick, en 2013:

– Mai: 2638

– Juin: 2127

– Juillet: 3565

– Août: 2808

– Septembre: 2891

– Octobre: 3440

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