La tordeuse des bourgeons de l’épinette est à la porte du N.-B.

CAMPBELLTON – La tordeuse des bourgeons de l’épinettes est à la porte du Nouveau-Brunswick et les scientifiques entendent suivre de très près sa progression.

À cet effet, ceux-ci viennent de lancer un programme pour suivre les populations de papillons de tordeuses en province et vérifier à quelle vitesse elles se propagent sur le territoire. Pour y arriver, l’aide du public sera de mise.

«Il s’agit d’une stratégie d’intervention hâtive. On veut savoir où en est la propagation de ce papillon dans nos forêts et recueillir le plus de données possible, comme ses habitudes de migrations. De cette façon, nous aurons une meilleure idée des endroits où il y a une augmentation des populations, vers où elles semblent se diriger, ce qui nous permettra d’intervenir tôt pour éliminer la menace», explique Robert Johns, spécialiste dans le domaine.

Selon celui-ci, la surveillance des populations de tordeuses se fait au Nouveau-Brunswick depuis plusieurs décennies.

«Ce qu’il y a de différent cette fois, c’est que nous demandons l’aide du public afin de capturer des échantillons de papillons adultes de tordeuses d’épinettes», dit-il.

Ainsi, près de 300 trappes à tordeuses ont jusqu’ici été distribuées à des endroits stratégiques dans l’Est-du-Canada, dont 120 dans la province.

«On fait parvenir une trappe que les gens installent dans un secteur où se trouvent généralement des épinettes, du simple citoyen au propriétaire de ferme à sapin de Noël. Les gens recueillent ensuite tous les jours les papillons qui sont entrés dans les trappes, attirées par des phéromones. Ils mettent les insectes à l’intérieur d’un sac en plastique dans le frigidaire avec la date de leur capture. Nous avons déjà atteint la quantité maximale de trappes disponibles cette année, mais si des gens sont intéressés à prendre part au projet, ils n’ont qu’à appeler et on les mettra sur une liste d’attente pour l’an prochain», indique M. Johns.

La tordeuse des bourgeons de l’épinettes a recommencé à faire des ravages dans l’est du pays, notamment au Québec.

Selon M. Johns, elle n’a pas encore commencé à devenir «problématique» au Nouveau-Brunswick, ce qui n’empêche pas les scientifiques d’avoir sa progression à l’oeil.

«Le fait qu’on en soit encore au stade précoce est une occasion en or d’être proactif et de contenir le plus possible sa propagation», dit-il.

Ceci dit, une première zone problématique a néanmoins été identifiée l’été dernier, soit un secteur de 12 000 hectares situé à Balmoral.

«Il serait fort probable de voir de la défoliation survenir cette année dans ce secteur», estime M. Johns, notant qu’un épandage préventif d’un insecticide biologique sera d’ailleurs expérimenté à cet endroit.

Une douzaine de trappes à papillons adultes ont d’ailleurs été installées çà et là au Restigouche.

«Et je ne serais pas surpris qu’on me rapporte de 200 à 600 papillons par trappe d’ici l’automne. Cela dit, même si on retrouve énormément de papillons, ça ne veut pas dire qu’il y aura un nombre gigantesque de larves (ce qui cause les dommages) pour autant. On a vu cela par le passé à d’autres endroits, de grandes populations de papillons sans vraiment de dommage. Mais savoir où se trouvent les populations de ce type de papillons demeure toutefois une donnée très importante», estime le scientifique.

Le programme Pisteurs de Tordeuses est accessible sur l’Internet au pisteursdetordeuses.ca.