Un spectacle fort en émotions pour lutter contre les tabous de la santé mentale

Bernard Richard a livré un poignant témoignage. - Acadie Nouvelle : Anthony Doiron
Bernard Richard a livré un poignant témoignage. – Acadie Nouvelle : Anthony Doiron

MONCTON – L’événement annuel Un phare dans la nuit a rassemblé plusieurs talents sur une même scène pour combattre les tabous entourant les troubles de santé mentale. La deuxième édition du spectacle de variétés a regroupé plus de 100 organisateurs et artistes bénévoles, dont près de 80 % d’entre eux ont vaincu ou vivent toujours avec la maladie mentale.

La soirée était forte en émotions samedi soir au campus de l’Université de Moncton. Ils étaient près de 200 personnes à prendre place au pavillon Jeanne-de-Valois pour assister à ce spectacle organisé par des professionnels de la santé et leurs patients.

Bernard Richard était également de la partie. L’ancien ombudsman et Défenseur des enfants et de la jeunesse de la province a livré une brève, mais poignante allocution, soulignant le besoin de combattre le malaise et l’incompréhension qui existent au sein des communautés quant à la maladie mentale.

«Une mère m’a déjà dit qu’elle aurait préféré que sa fille soit atteinte d’un cancer plutôt que de schizophrénie. De cette façon, son école, sa communauté, tout le système se rallieraient autour d’elle et aucun effort ne serait mis de côté pour l’aider à trouver un remède à son mal. Ça m’a brisé le cœur.»

Se sont enchaînées les prestations musicales, allant d’une interprétation de Crazy Train de Black Sabbath à la musique classique du pianiste Ronaldo Richard. L’auteur-compositeur-interprète s’est adressé brièvement à la foule avant de poser ses doigts sur l’ivoire.

«Quand les moments deviennent sombres et que rien ne va plus, j’aime me réfugier dans mes pensées, j’aime me réfugier dans mon art, j’aime me réfugier dans ma musique.»

Un vibrant hommage a également été livré à la mémoire de Mariette, cette femme du Sud-Est qui s’est enlevé la vie en février dernier à la suite d’un long et courageux combat contre la dépression. D’apparence heureuse et choyée par la vie, personne ne soupçonnait son mal de vivre. Les musiciens lui ont dédié une composition originale; une prestation qui a été suivie d’une longue et chaude ovation des gens présents.

Le Dr Patrick Marcotte jubilait à la tombée du rideau. Le psychiatre et fondateur d’Un phare dans la nuit souhaite maintenant faire de l’événement un rendez-vous de portée provinciale avec une tournée dès octobre 2016 incluant des talents locaux.

«Dès cet été, nous allons commencer la production d’un album avec les principaux numéros, dont une chanson thème que nous avons entendue ce soir. Avec le souci d’inclure le plus de gens possible aux prises avec des problèmes de santé mentale.»

Il explique que l’événement est né d’un désir de permettre aux gens atteints de troubles mentaux de se faire respecter et comprendre, tout en s’amusant.

«C’est en affichant la maladie mentale publiquement qu’on parviendra un jour à éliminer le stigma qui l’entoure.»

Une deuxième représentation du spectacle Un phare dans la nuit est déjà confirmé le 29 octobre prochain au campus de Moncton.