Le tour du monde en un an

PETIT-ROCHER – On dit que voyager ouvre l’esprit. Les horizons de Julie Landry, originaire de Petit-Rocher, son conjoint Benoît Ferradini, de leurs deux filles, Anaïk et Maëlle, ont été élargis, après un tour du monde de près d’un an.

Ils ont remis les pieds au Canada samedi, après avoir séjourné dans 14 pays en 11 mois. S’ils ne rapportent que très peu de souvenirs dans leurs bagages, ils en ont des mémorables dans la tête et captés sur images puisque Benoît a pris pas moins de 27 000 photos.

C’est une famille de quatre comme eux, leurs amis, qui les ont inspirés, les mettant en confiance pour une aventure similaire à la leur.

Et travaillant tous les deux à Radio-Canada à Vancouver depuis douze ans, ils ont pu prendre un congé sabbatique, tout en bénéficiant de leur pourcentage de salaire mis de côté depuis 2010 pour leurs besoins de baroudeurs.

C’est d’abord l’Équateur, en Amérique du Sud, qui a accueilli, à la mi-juillet 2014, le couple Landry-Ferradini et leurs enfants âgés aujourd’hui de sept ans et demi et cinq ans.

Ils ont par la suite séjourné au Brésil, en Argentine et au Chili avant de s’envoler pour la Nouvelle-Zélande. Ils ont fait plusieurs pays en Asie, que ce soit l’Indonésie, le Laos et le Cambodge. Ils se sont arrêtés en Europe et aussi en Afrique du Nord, ils ont de même posé leurs baluchons en Turquie.

«Nous avions prévu trois semaines, un mois par pays. Nous ne faisions pas beaucoup d’attractions, ni tous les circuits touristiques et restions une semaine dans une ville», raconte Benoît, Français d’origine.

«Parce que nous sommes partis si longtemps, nous pouvions rester plus longuement dans un coin. C’était la liberté de notre horaire», renchérit sa conjointe.

Et pas question de ployer sous le poids des valises, même s’ils savaient qu’ils ne retourneraient pas de sitôt à la maison.

«Nous avions chacun un sac à dos de 13 kg. J’avais mes vêtements, ceux des filles et les chaussures. Benoît avait ses vêtements, la trousse de premiers soins – c’est d’ailleurs ce qui pesait le plus – et l’équipement électronique. Nous lavions beaucoup à la main ou allions dans une laverie», relate Julie.

Ils s’étaient fixé un objectif de 100 $ de dépenses par jour et si dans la plupart des pays d’Asie, ils pouvaient vivre à des coûts très abordables, ils ont défoncé le budget par endroits, tels qu’au Brésil et à Singapour.

Si plusieurs pensent, avec une pointe d’envie, que leur histoire relève de l’exploit, vu l’âge de leurs filles, les parents relativisent. Ils disent s’être également sentis très en sécurité de voyager en famille.

«Nous ne faisons pas le tour du monde en une journée. La différence c’est que nous faisons un pays et au lieu de revenir, nous continuons vers un autre, et ainsi de suite. Ce n’est pas si gros que ça en l’air», indique la maman.

«Tout le monde nous dit que nous avons de la chance. La chance que nous avons est d’avoir un employeur qui nous permet de vivre cela. Le reste est de l’organisation et de surmonter les peurs», ajoute Benoît.

Être 24 heures par jour ensemble peut s’avérer étouffant par moments. Quand c’était le cas, Julie ou Benoît prenait du temps pour souffler, en se détendant lors d’une activité qui lui était propre. Le père s’est d’ailleurs retrouvé seul au Vietnam.

Et preuve que leur voyage les a mis en appétit, ils veulent remettre ça dans quelques années, possiblement en 2019.

«Cette fois, nous envisageons de partir six mois. Nous pouvons voir beaucoup de choses et avons le temps d’être dépaysés. Nous pourrions rester deux mois sur place, envoyer les enfants à l’école, vivre avec les locaux. Soit nous allons rester plus longtemps dans des pays que nous avons déjà visités, comme Valparaiso (au Chili). Soit, nous visiterons de nouveaux pays, comme en Afrique, par exemple la Tanzanie où nous devions aller, mais nous avons manqué d’argent», détaille la père de famille.

Sans oublier l’Italie et la Patagonie, puisqu’il s’agissait de leurs destinations rêvées lorsqu’ils préparaient leur aventure.