Bleuets: début de la construction de l’usine de transformation [vidéo]

BOIS-GAGNON – Malgré un important retard, Oxford Frozen Foods amorce la construction d’une usine de transformation de bleuets sauvages dans la Péninsule acadienne.

Les travaux ont commencé il y a quelques jours, mais ils étaient censés commencer au printemps 2014.

Une fois érigé, le bâtiment aura une superficie d’environ 200 000 pieds carrés, peut-on lire sur une pancarte installée sur le site de l’usine à Bois-Gagnon, une petite localité située entre Saint-Isidore et Saint-Sauveur. Environ 50 millions $ seront investis.

De la machinerie lourde poursuit les travaux d’arrachage de souches et de racines et une source temporaire d’électricité a été mise en place pour alimenter le site pendant la construction, explique Ragnar Kamp, d’Oxford Frozen Foods.

L’entreprise compte mettre les bouchées doubles afin d’ériger la coquille du bâtiment avant le début de l’hiver.

«Ça va nous permettre d’installer de l’équipement afin d’être prêts à congeler des bleuets sauvages en août 2016, soit même un an plus tôt que prévu.»

Cet hiver, Ragnar Kamp a attribué les retards au fait que l’entreprise s’était trouvée une source d’eau près du site, mais elle a dû mener une étude d’impact environnemental avant de recevoir le feu vert pour l’utiliser. La rigueur de l’hiver a aussi compliqué les choses.

L’usine est l’une des pièces maîtresses d’une entente conclue en 2013 entre Oxford Frozen Foods et le gouvernement provincial, dirigé à l’époque par les conservateurs de David Alward.

L’accord comprend aussi un échange de 15 712 acres de terres de la Couronne contre une superficie équivalente en terres privées.

Oxford Frozen Foods, un géant de l’industrie agroalimentaire basé en Nouvelle-Écosse, ne prévoit pas de transformer des bleuets cultivés sur ces nouvelles terres acquises lors de l’échange avant 2018.

La société exporte les bleuets sauvages dans 29 pays, y compris plusieurs pays européens, le Japon, la Chine, les États-Unis, la Corée et la Russie.

L'usine de transformation de bleuets sauvages d'Oxford Frozen Foods aura une superficie d'environ 200 000 pieds carrés. - Acadie Nouvelle : David Caron
L’usine de transformation de bleuets sauvages d’Oxford Frozen Foods aura une superficie d’environ 200 000 pieds carrés. – Acadie Nouvelle : David Caron

Impact sur les prix?

Quel impact la présence d’Oxford Frozen Foods va-t-elle avoir sur les prix ?

David Robinson, économiste de la Nouvelle-Écosse et auteur d’un rapport trimestriel portant sur l’industrie du bleuet sauvage, prédit une baisse du prix offert aux producteurs indépendants, qui ont dénoncé le projet d’Oxford Frozen Foods à maintes reprises au cours des dernières années.

«Ce ne sera pas bon pour les prix. Les fermes indépendantes existantes vont recevoir moins pour leur produit en raison de ce développement. D’ailleurs, rappelons que le gouvernement provincial a joué un rôle majeur dans cette affaire. Il pourrait compenser la situation en permettant aux producteurs indépendants de s’organiser pour qu’ils puissent négocier un meilleur prix», explique-t-il.

L’économiste retient toutefois deux choses positives de l’entente. La première étant que les producteurs avaient besoin de nouvelles installations de transformation et la deuxième, le fait qu’Oxford Frozen Foods croit beaucoup dans l’avenir de l’industrie du bleuet sauvage.

«Le bémol principal est que le gouvernement provincial n’ait pas fait confiance aux producteurs indépendants. Oxford reçoit une part significative du gâteau, alors qu’une partie des terres aurait pu être remise aux producteurs.»