École de Grande-Anse: des légumes cultivés à l’aide de poissons (vidéo)

GRANDE-ANSE – Si vous ne savez pas ce que c’est une serre aquaponique, vous n’êtes pas tout seuls. Il y a à peine douze mois, Nicole Thériault Landry, directrice de l’école Léandre-LeGresley de Grande-Anse, l’ignorait aussi.

Grâce à l’initiative d’Alexandra Chayer, une élève de la 8e année, ainsi qu’un coup de pouce de ses enseignants et de la communauté, tout le monde profite maintenant de légumes frais cultivés à deux pas de l’école.

La serre aquaponique a été dévoilée au public mercredi après-midi à Grande-Anse. Les légumes récoltés seront servis au repas du midi dans la cafétéria de l’école et des vinaigrettes maison à base d’huile seront préparées avec de fines herbes récoltées dans la serre.

Au cours des derniers mois, les élèves et le personnel de l’école ont eu l’occasion de découvrir l’aquaponie, un système de production de nourriture qui combine l’élevage des poissons et l’hydroponie, c’est à dire, la culture de plantes hors-sol. Ce sont les excréments des poissons qui servent d’engrais.

Un comité de serre formé par des élèves et des bénévoles de la communauté seront responsables d’assurer un suivi constant pendant la saison estivale.

Si le projet a vu le jour, c’est en partie grâce à l’initiative d’Alexandra Chayer, élève de la 8e année et véritable passionnée des sciences.

Éventuellement, d’autres partenaires, dont l’Institut de recherche sur les zones côtières et la société culturelle Centr’Art, ont accepté de donner un coup de main, mais l’idée est née en 2014, alors que l’école cherchait des propositions de projets communautaires. La serre a été construite par Vincent Thériault, inventeur de la capsule de sauvetage en mer, Ovatek.

«Ç’a commencé avec un projet qui demandait qu’on fasse pousser des légumes pour notre cafétéria. J’ai trouvé le concept des serres aquaponiques en faisant de la recherche sur les différentes sortes de cultures dans le monde. La culture aquaponique, ça se fait plus dans le sud parce qu’on utilise des poissons d’eau chaude, mais en faisant de la recherche et avec de l’aide de beaucoup d’entreprises, on a découvert que ce serait faisable dans notre communauté», de mentionner Alexandra Chayer.

La jeune adolescente a toujours du mal à croire que la serre ait vu le jour. En plus de piloter le dossier, elle a dû partager ses idées lors de réunions avec des adultes. Elle compte se servir de son expérience afin d’en faire profiter sa communauté. La direction de la polyvalente Louis-Mailloux de Caraquet, qu’elle fréquentera en septembre, lui a demandé de mener un projet de construction de serre sur le toit de l’établissement l’an prochain.

«Les jeunes qui sont en maternelle vont grandir avec une serre à leur école. Ils vont apprendre comment ça fonctionne. C’est tout ce que j’aurais voulu avoir quand j’étais plus jeune. Tout ce que j’ai appris, je vais m’en servir plus tard. La science m’intéresse. Je vais probablement construire une serre chez moi, en parler avec mon entourage.»

Elle a aussi compris combien les ressources naturelles peuvent être précieuses.

«Il faut économiser l’eau. Il est important de faire pousser des plantes par nous même quand on le peut, plutôt que d’encourager des grosses compagnies.»

Dans les salles de classe, le projet est noté pour sa capacité de rassembler les jeunes, affirme la directrice Nicole Thériault Landry. En plus d’apprendre aux jeunes les rouages du jardinage, la serre facilite la résolution de conflits entre élèves et permet à d’autres de rencontrer de nouveaux amis.

«Pour nous préparer pour aujourd’hui, le comité de la serre nous a donné un bon coup de main. J’avais des frissons à les voir parce que ce ne sont pas nécessairement des amis qui jouent ensemble, mais ce projet est rassembleur. On voit les possibilités que nous offre le système éducatif lorsqu’on va hors de la boîte.» n