Le recyclage des déchets électroniques se fait toujours attendre au N.-B.

EDMUNDSTON – Le Nouveau-Brunswick est la seule province au pays qui ne possède pas de politique sur la gestion des déchets électroniques. Mais les choses pourraient changer dans un proche avenir.

L’adoption d’une telle loi est revenue sur le tapis à quelques reprises au cours des dernières années. Sans beaucoup s’avancer, la porte-parole du ministère de l’Environnement et des Gouvernements locaux, Jennifer Graham, a laissé entendre que le dossier pourrait connaître un dénouement sous peu.

En attendant, quelques sites au Nouveau-Brunswick effectuent la récupération de déchets électroniques (e-waste). C’est notamment le cas de l’entreprise ResNet qui, à Edmundston, recycle les composants des ordinateurs ou des téléviseurs.

Depuis 2010, ResNet se prépare en vue de l’adoption d’une telle loi. L’organisme a obtenu les certifications canadiennes nécessaires pour récupérer et disposer du matériel si une législation est adoptée au Nouveau-Brunswick.

«Nous souhaitons être désignés pour être un des centres qui accueilleront ces déchets électroniques pour une partie de la province. On ne prétend pas pouvoir s’occuper de 100 % du matériel récupéré, mais on aimerait recevoir un volume raisonnable qui nous permet de créer des emplois et d’être rentables», a dit la directrice générale de ResNet, Julie Lavoie.

Même si l’adoption d’une telle loi est revenue à l’avant-plan à quelques reprises, les gouvernements précédents de Shawn Graham et de David Alward n’ont pas procédé à son adoption.

En coulisses, on dit que le retard est dû au fait qu’on ne semble pas s’entendre si on doit dire publiquement ou non qu’un montant serait perçu lors de l’achat d’un ordinateur ou d’un téléviseur pour son recyclage à la fin de sa durée de vie, comme pour les pneus, par exemple.

UN CENTRE DE FORMATION

ResNet est un centre de formation qui accueille trois groupes de 13 stagiaires pour des périodes de 16 semaines durant l’année.

En plus de suivre des cours de croissance personnelle, les participants apprennent à démonter des équipements électroniques pour le recyclage des pièces.

ResNet récupère les vieux appareils (ordinateurs, écrans, téléviseurs) provenant du privé (citoyens ou entreprises) ou encore d’établissements publics comme les hôpitaux et les collèges communautaires.

Actuellement, le matériel recyclé est acheminé à Québec, Montréal ou au Maine. À titre d’exemple, ResNet reçoit 11 $ pour un ordinateur démonté et ses composants. L’organisme vend aussi d’autres pièces recyclées à la livre, comme les cartes mémoires.

«Nous recevons deux chargements par mois d’équipements électroniques recyclés de la Nouvelle-Écosse, soit l’équivalent de 44 000 livres de matériel», a dit Mme Lavoie.

Depuis quelques années, avec la tendance vers les écrans plats, ce sont les tubes cathodiques des téléviseurs qui figurent au premier rang du matériel recyclé par ResNet, soit près de 80 %, selon Julie Lavoie.

Les statistiques démontrent que 70 % des participants au programme de ResNet se sont trouvé un emploi à la suite de leur stage à cet endroit.

RESNET PRÊTE À ENTRER DANS LA DANSE

ResNet n’attend que le feu vert pour augmenter le volume des déchets électroniques à recycler.

L’Association pour le recyclage des produits électroniques (ARPE) chapeaute les actions dans les provinces au pays. Si une loi est implantée au Nouveau-Brunswick, ResNet fera une demande pour faire la gestion des déchets électroniques à partir de son centre d’Edmundston.

«On attend avec impatience, c’est un autre pas à franchir pour l’environnement. Ça serait une vocation importante pour se prendre en main et demeurer compétitifs. On croit qu’on pourrait facilement avoir une dizaine d’employés en plus de nos stagiaires. Nous aurons besoin de personnel permanent, car on ne pourra pas se permettre de recommencer à montrer le travail aux gens à chaque quatre mois», a mentionné la directrice de ResNet, Julie Lavoie. En plus du matériel recyclé, ResNet vend des ordinateurs qui ont été réparés et sont prêts pour une seconde vie.

Selon une étude du professeur d’économie André Leclerc, la vente de biens et services représente 24,8 % des budgets de ResNet (136 000 $).

Entre sa création en 2010 et 2013, ResNet a traité en moyenne 172 tonnes de déchets par année (687 tonnes durant la période).

En 2013, le centre a récupéré 179 tonnes de matériaux (18 tonnes d’équipements électroniques, 43 tonnes de tubes cathodiques, 53 tonnes de cartes plastiques et 65 tonnes de métaux).

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement estime que ce sont entre 20 et 50 millions de tonnes de déchets électroniques qui sont produites annuellement dans le monde.

Au pays, deux études publiées en 2003 par Environnement Canada ont démontré que 140 000 tonnes de matériel électronique étaient annuellement dirigées vers les sites d’enfouissement avec les dangers que cela représente pour la qualité des sols et les nappes phréatiques.

Selon des données sur l’élimination des déchets électroniques au Canada datant de 2011, les gens du Nouveau-Brunswick rapportent moins leurs vieux appareils dans un centre de récupération qu’ailleurs au pays.