Le transport communautaire se développe dans la Péninsule acadienne. Les personnes qui ne peuvent pas se déplacer faute de posséder un véhicule peuvent maintenant compter sur la disponibilité d’automobilistes pleins de bonne volonté. Un système opérationnel depuis cette semaine les met en contact.

Plusieurs services de transport à domicile existent au Nouveau-Brunswick. Les régions de Kent, Miramichi et le comté de Charlotte – pour ne citer qu’eux – ont le leur. La région Chaleur est en passe d’avoir le sien.

Pas question pour la Péninsule acadienne d’avoir du retard. Le Réseau d’inclusion communautaire du coin (le RIC-PA) a lancé le sien mardi matin. L’idée étant de mettre en relation des personnes qui ne sont pas véhiculées avec des automobilistes pour les emmener à un rendez-vous, à l’épicerie ou autre et les ramener chez elles.

Les demandeurs devront s’acquitter d’un abonnement annuel de 10 $ pour bénéficier du service et paieront le conducteur/la conductrice à la course. Les tarifs appliqués tiendront compte du revenu familial selon qu’il soit inférieur ou supérieur à 26 000 $.

Les bénévoles utiliseront leur voiture personnelle. Les trajets devront être réservés par téléphone ou en ligne au moins 48 h à l’avance.

«Le public visé est large. Il peut s’agir de personnes âgées, de personnes à faible revenu ou d’étudiants sans moyen de transport», détaille Mélissa Basque, la coordonnatrice de Déplacement Péninsule.

À ce jour, 19 automobilistes prêts à rendre service se sont fait connaître. Un déplacement test a été expérimenté la semaine dernière. Rose Comeau de Maisonnette a ainsi pu se rendre à Caraquet.

«J’avais un rendez-vous médical. J’en ai profité pour faire quelques courses. Ça s’est très bien passé», raconte-t-elle.

Auparavant, cette femme seule demandait à son entourage quand elle avait besoin de se déplacer.

«C’était toujours un gros stress de trouver quelqu’un. J’avais un ami qui me dépannait, mais il fait des travaux chez lui en ce moment. Il est très occupé. Maintenant, je n’aurai plus à m’en soucier. Je sais que je pourrai aller à tous mes rendez-vous sans problème.»

Alonzo Rail de Shippagan prendra le volant pour les autres.

«Je suis à la retraite. J’ai le temps. Souvent quand je vois des gens marcher sur le trottoir avec de lourds sacs de courses, je m’arrête pour leur proposer de les raccompagner. Ça me paraît normal.»

Georges J. E. Lanteigne de Landry Office voit lui aussi cette activité comme un passe-temps, une occasion de sympathiser avec de nouvelles personnes et de découvrir des endroits de la Péninsule qu’il ne connaît pas.

«Et puis surtout, je fais ça quand je veux. On ne m’impose rien.»

Stéphane Leclair, le directeur général de la Société d’inclusion économique et sociale du Nouveau-Brunswick, trouve l’initiative péninsulaire unique par rapport à celles qui existent présentement.

«Le RIC-PA met en place une véritable plateforme. C’est plus développé qu’ailleurs.»

Déplacement Péninsule ne se limitera pas au transport à domicile. Un service de covoiturage sera prochainement proposé.

«Idéalement, on aimerait que tout soit prêt pour la fin de l’automne», renseigne Julie Landry-Godin, la directrice générale de RIC-PA.

Une pauvreté à mille visages

La mission du Réseau d’inclusion communautaire de la Péninsule acadienne (le RIC-PA) est de lutter contre la pauvreté en collaborant avec plusieurs organismes.

Qui sont ces «pauvres» du Nord-Est de la province? Existe-t-il un profil type?

Julie Landry-Godin, la directrice générale du réseau, souhaite tordre le cou aux idées reçues.

«Un pauvre n’est pas un paresseux qui ne travaille pas et qui profite du système. Ce n’est pas vrai. La pauvreté peut toucher tout le monde», affirme-t-elle.

Nul n’est à l’abri d’un accident de la vie.

«La perte d’un emploi, une séparation, la maladie, ça peut arriver à tout le monde.»

Difficile pour autant d’identifier celles et ceux qui traversent une mauvaise passe.

«Les gens ont leur dignité.»

Si elle est peu visible, la pauvreté existe dans la Péninsule comme ailleurs. Julie Landry-Godin constate une évolution dans la perception.

«On est moins dans les étiquettes et dans l’exclusion. Au contraire et surtout ici, la population a la volonté de s’entraider. C’est encourageant.»

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