Il y a 100 ans mourrait Monseigneur Marcel-François Richard

La paroisse de Rogersville a commémoré le 100e anniversaire du décès de Monseigneur Marcel-François Richard, jeudi soir, au Monument Notre-Dame-de-l’Assomption.

Avant son décès à l’âge de 114 ans, l’an dernier, Flora Thibodeau conservait des souvenirs de Monseigneur Marcel-François Richard, le curé de son village durant les premières années de sa vie. L’ancienne doyenne du Nouveau-Brunswick a partagé des histoires du grand bâtisseur acadien avec les gens de son entourage, dont la conteuse Yvette Pitre.

Monseigneur Richard était connu pour son talent d’orateur. Quand il prêchait sur un sujet qui le passionnait, comme sa lutte contre l’alcoolisme et la débauche, il frappait son poing sur l’autel avec une force intimidante.

«Quand il frappait son poing sur l’autel, il avait un message. Il y avait beaucoup de home brew dans le temps», explique Mme Pitre.

Le décès de Monseigneur Richard, le 18 juin 1915, a fait des vagues dans la communauté.

Les obsèques avaient marqué Mme Thibodeau à un point tel qu’elle en gardait le souvenir, plusieurs décennies plus tard.

«Elle disait qu’elle se souvenait de la journée où il est mort. Les glas sonnaient et elle marchait pour s’en aller vers chez elle, à Pleasant-Ridge», nous apprend Mme Pitre.

Monseigneur Richard était un homme fort de caractère et puissant en force physique. Il n’hésitait jamais à monter sur son cheval et voyager d’un village à l’autre, peu importe la température.

Les années avant son déménagement au village maintenant connu comme Rogers-ville, le site n’était qu’un arrêt de train entre Moncton et Miramichi.

Par sa volonté de fer, il y a érigé une communauté.

«Quand ç’a commencé ici, ce n’était pas plus qu’un camp de bûcherons. Mon-seigneur Richard était à Saint-Louis-de-Kent et il traversait ici en cheval ou à pied et il venait dire des messes», fait savoir Richard Caissie, qui avait préparé une exposition sur Mgr Richard, il y a deux ans.

La cause acadienne de Monseigneur Richard ne faisait pas le bonheur de tous. C’était notamment le cas pour l’évêque de Chatham, Mgr James Rogers, qui aurait tenté d’assimiler les francophones de Rogersville en y installant des Irlandais.

«Finalement, les Irlandais ont été assimilés au français!», a lancé en riant M. Caissie.

Après de nombreuses querelles avec l’évêque, qui ont notamment mené à la fermeture du collège Saint-Louis, à Saint-Louis-de-Kent, Monseigneur Richard a tenté d’améliorer les relations en renommant l’ancienne communauté de Carleton au nom de Mgr Rogers. C’est ainsi que le village a obtenu son nom actuel de Rogersville.

En plus d’avoir eu un impact sur l’Acadie de Kent, Monseigneur Richard a eu un profond impact sur l’Acadie en entier. Il était notamment présent aux premières Conventions nationales des Acadiens, à la fin du 19e siècle.

«C’est lui qui a sorti avec le drapeau acadien. Et l’hymne national, l’Ave Maris Stella, c’est lui. C’était un leader», explique M. Caissie.

De 1907 à 1908, Monseigneur Richard a effectué un voyage à Rome, où il a reçu, des mains du pape Pie X, un calice en or comme gage d’une promesse de nommer un premier évêque acadien. En 1912, il a rempli sa promesse en nommant l’évêque Édouard-Alfred LeBlanc.

Monseigneur Richard a été responsable de la construction de 14 églises, de Collette à Bass River, en passant par Acadieville, Saint-Ignace et Saint-Charles. Il a été un grand militant pour l’éducation et l’identité des Acadiens.