Société nationale de l’Acadie: René Légère passe le flambeau

Le président de la Société nationale de l’Acadie, René Légère, cède sa place ce week-end, à mi-mandat. Il se dit content du travail accompli depuis son entrée en poste, en 2012.

Comme il l’avait annoncé plus tôt cette année, René Légère quitte un an avant la fin de son deuxième mandat pour des raisons familiales, entre autres parce que sa conjointe, Monique LeBlanc, est désormais députée provinciale. Il veut éviter que lui ou Mme LeBlanc soient en conflit d’intérêts.

Coup de malchance; il n’assiste pas à l’assemblée générale annuelle de la SNA, qui a lieu vendredi et samedi aux Îles de la Madeleine. Plus tôt cette semaine, il était en route vers l’archipel québécois lorsqu’il a dû rebrousser chemin après avoir appris le décès d’un membre de sa famille.

En interview téléphonique, il se dit content du chemin parcouru alors qu’il présidait cette fédération d’organismes, qui se veut le porte-parole des Acadiens des provinces de l’Atlantique.

«Je pense que j’ai assuré le suivi d’une organisation qui est bien rodée, qui avait développé des projets au fil des ans nécessaires et importants sur le plan culturel, sur le plan de l’immigration», dit-il.

Il affirme aussi être fier de sa contribution dans le dossier du Congrès mondial acadien, un événement qui est chapeauté par la SNA, et du renforcement des liens qu’entretient la SNA avec les jeunes.

Une contribution qui aura été plus facile grâce au réseau de contacts développé pendant sa carrière, notamment dans les années 1990, lorsqu’il a été secrétaire général de la SNA pendant quelques années.

De son propre aveu, il ne s’attendait même pas à ce que ces contacts lui soient utiles. «J’avais tout un réseau de contacts en France qui, aussi drôle que ça puisse paraître, étaient encore d’actualité, alors que moi je pensais que tous ces gens-là étaient partis.  Mais non.»

Ce fut un passage productif à la présidence, selon René Légère.

«C’est sûr qu’il y a plein de choses que j’aurais aimé faire, mais bon, avec les ressources, les moyens et la question de la priorisation, ce n’est pas simple. Mais je suis somme toute assez content de mon passage à la présidence», dit-il.

Cela dit, s’il y a une chose qu’il aurait aimé accomplir et qu’il devra laisser à son successeur, c’est la stabilisation du financement de la SNA, dit-il. C’est que l’organisme met du beurre sur son pain en obtenant des sous des gouvernements pour accomplir des projets.

«C’est toujours à recommencer et ça ne nous permet pas de faire le travail de développement qu’on aimerait faire et de représentation. (…) Chaque fois qu’on veut acheter un billet d’avion, c’est l’enfer. Je voulais travailler là-dessus. J’ai fait plein de rencontres avec Patrimoine canadien. Je me croise les doigts, je crois qu’ils ont entendu les doléances que j’ai faites.»

En fin d’interview, il prend le temps de mentionner un moment qui l’a marqué. C’était en novembre 2014 à Dakar, au Sénégal. En marge du Sommet de la Francophonie, il a remis la médaille Léger-Comeau, la plus haute distinction de la SNA, au secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.

«J’ai un immense respect pour cet homme qui a été au cours de son règne à l’Organisation internationale de la Francophonie, un ambassadeur exceptionnel du peuple acadien», affirme René Légère.

COUP DE THÉÂTRE À LA PRÉSIDENCE

Tout semblait indiquer que l’on allait assister à une lutte à deux à la présidence de la Société nationale de l’Acadie, samedi aux Îles de la Madeleine. L’artiste multidisciplinaire et habitué du milieu associatif, René Cormier, du Nouveau-Brunswick, devait affronter le chercheur et administrateur universitaire Kenneth Deveau, de la Nouvelle-Écosse.

On a appris vendredi lors de l’assemblée générale annuelle que Kenneth Deveau s’est retiré de la course. Ce vice-recteur de l’Université Sainte-Anne affirme par courriel à l’Acadie Nouvelle qu’il en est essentiellement arrivé «à la réalisation que le temps requis serait plus important» que ce qu’il avait prévu.

À moins qu’une candidature surprise soit déposée à la toute dernière minute, ce que l’on appelle communément une «candidature du plancher», René Cormier sera élu par acclamation à la tête de la SNA afin de succéder à René Légère pour un mandat d’un an.

À la vice-présidence, le seul candidat est l’homme de théâtre Xavier Lord-Giroux. Originaire de Dieppe et demeurant actuellement à Fredericton, il gravite dans le milieu associatif acadien depuis quelques années.