Violence conjugale: la dénonciation plus élevée en Atlantique

Selon Statistique Canada, c’est en Atlantique où les victimes de violence conjugale sont le plus susceptibles de signaler l’incident aux corps policiers.

C’est ce qui ressort de l’Enquête sociale générale sur la victimisation, une enquête-échantillon menée par Statistique Canada auprès des Canadiens de 15 ans et plus, et dont les résultats ont été dévoilés lundi.

Alors qu’à peine 22% des victimes de violence conjugale au Canada daignent s’adresser aux forces de l’ordre, 28% des victimes qui résident en Atlantique osent dénoncer l’agression aux policiers après les faits.

Ce pourcentage que l’on retrouve chez les victimes en provenance de l’Atlantique diffère nettement de celui enregistré au Québec, qui se situe à peine à 20%.

Selon les données de cette enquête, l’introduction par effraction et le vol de véhicules à moteur ou de leurs pièces affichaient généralement les taux les plus élevés de signalement des incidents de victimisation criminelle à la police, alors que les incidents de violence conjugale et d’agression sexuelle étaient rarement signalés.

Ainsi, l’introduction par effraction (54 %) et le vol de véhicules à moteur ou de leurs pièces (50 %) affichaient les taux les plus élevés de signalement à la police.

À l’inverse, près de 90 % des agressions sexuelles commises par un agresseur autre que le conjoint n’ont jamais été signalées à la police.

Selon Statistique Canada, les taux de signalement varient donc beaucoup selon l’état de la relation conjugale et sont plus élevés pour la violence conjugale mettant en cause un ancien partenaire.

Plus d’un tiers (36 %) des victimes menacées ou attaquées par un ancien partenaire ont indiqué que la police avait été appelée. Cela représente plus de trois fois le signalement des victimes de violence conjugale aux mains d’un partenaire actuel (10 %).

L’organisme national de la statistique met en lumière différentes études réalisées par des chercheurs au cours des années 2000 qui laissent entendre que le niveau de confiance envers la police peut être étroitement lié à la volonté ou à la réticence de signaler des expériences de victimisation à la police.

Les victimes qui ont un niveau de confiance plus élevé envers les policiers ont évidemment été plus aptes de faire appel au système judiciaire, alors qu’on a constaté le contraire chez les victimes ayant un niveau de confiance moins élevé à l’égard de la police.

Cette enquête de Statistique Canada porte sur les expériences de victimisation des Canadiens à travers différents types d’infractions tels les voies de fait, les agressions sexuelles, les vols qualifiés, les vols de biens, les vols de véhicules et le vandalisme.