Un système qui n’est «pas viable» selon le Conseil de la santé du N.-B.

Le système de santé néo-brunswickois tel qu’on le connaît aujourd’hui «n’est pas viable» selon le dernier rapport du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick publié mardi matin.

La santé coûte cher à la population du Nouveau-Brunswick. C’est ce qu’avance d’emblée le CSNB dans son court rapport de huit pages.

Les dépenses totales du gouvernement provincial, tous départements confondus, sont passées de 7,82 milliards $ à 8,26 milliards $ au cours des cinq dernières années alors que les revenus atteignent seulement 7,76 milliards $. La santé représente environ 41 % des dépenses du budget provincial.

Les dernières prévisions, qui datent de 2012, projetaient une augmentation annuelle de 4,43 % des coûts en soins de santé dans la province.

«Cette augmentation de 4,4 % n’est pas viable», conclut le rapport.

Il faut établir, selon le CSNB, des cibles financières pluriannuelles plus viables et réalistes. Pour y arriver, on parle principalement d’efficience et d’efficacité à l’intérieur du système.

«L’efficience clinique est la clé de la qualité des soins reçus et de l’expérience vécue», peut-on lire.

Il faut aussi, d’après le CSNB, que le système adopte une approche centrée sur les besoins du citoyen et établir les priorités en fonction des données démographiques ainsi que des tendances en matière d’état de santé.

Dans son rapport, l’organisme rappelle toutefois que si l’état de santé des Néo-Brunswickois est pire que la moyenne nationale et que le rendement du système est inférieur au reste du pays, le Nouveau-Brunswick compte plus de médecins par habitant comparativement à la moyenne nationale.

Le directeur général du CSNB, Stéphane Robichaud, n’est cependant pas prêt à dire qu’il y a trop de médecins pour la population du Nouveau-Brunswick. Il avance par contre que les ressources humaines en santé, environ 20 000 personnes ou la moitié de la fonction publique, doivent être mieux gérées.

«Je n’ai absolument aucune preuve qu’on a en a trop, mais j’ai amplement de preuve qui démontre qu’on devrait avoir un rendement largement meilleur avec ce qu’on a», a confié M. Robichaud à l’Acadie Nouvelle.

En termes plus simples, les hôpitaux et les réseaux de la santé doivent mieux gérer leurs ressources pour mieux se concentrer sur les besoins du patient.

Pour Stéphane Robichaud, ça ne veut pas dire moins de services, moins de personnel ou encore fermer des hôpitaux. Il s’agit d’utiliser les ressources actuelles pour mieux adapter les soins destinés aux patients.

«Les besoins de la population ont beaucoup changé. Le système a été fondamentalement mis sur pied pour gérer des cas aigus comme des jambes cassées, une appendicite et d’autres cas du genre où on règle le problème et on renvoie la personne chez elle. Aujourd’hui une grande portion des ressources est utilisée par une petite proportion de la population qui beaucoup de maladies chroniques. Ça utilise beaucoup nos services et ces services ne sont pas adéquats pour répondre à ça», a expliqué le directeur général du CSNB.

«Il y a une grande diminution de la population au nord de la province, mais ça ne veut pas nécessairement dire moins de services parce que le vieillissement de la population et la prédominance de maladies chroniques nécessitent des services différents», ajoute-t-il.

Le réseau de santé de Vitalité a déjà entamé un exercice de restructuration qui vise une plus grande efficacité au niveau des soins cliniques (voir texte Vitalité).

Le ministre de la Santé, Victor Boudreau, n’a pas été en mesure de commenter le rapport du CSNB en entrevue. Il toutefois tenu à se prononcer par courriel.

«Ce que je peux vous dire, aujourd’hui, c’est que dans le cadre de notre révision stratégique des programmes, nous examinons tous les programmes et services gouvernementaux pour nous assurer qu’ils sont viables pour l’avenir, ce qui inclut le système de soins de santé.»

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