Vitalité se modernise en se serrant la ceinture

Dans son rapport annuel, la régie de santé francophone fait le bilan de ses initiatives pour évoluer et faire face aux défis financiers auxquels la province est confrontée.

Le réseau de santé Vitalité est bien décidé à poursuivre ses efforts de réduction des dépenses. Son rapport d’activité 2014-2015 révèle que des économies de 9,6 millions $ ont été réalisées sur les salaires en une année, soit 6,5 millions $ dans la prestation des soins et des services et 3,1 millions $ dans les services de soutien et administratifs.

«Le réseau est bien engagé sur la voie du changement pour assurer la viabilité à long terme de notre système de santé, écrit le président-directeur général Jean Castonguay. Nous devons offrir les soins et les services de qualité dont notre population a besoin, en fonction des ressources disponibles.»

Avec un budget de 668 millions $, Vitalité a dépensé 664,2 millions $, soit 24 millions de moins qu’en 2013-2014. Cela a notamment été permis par une réduction équivalente à 171,5 postes à temps plein, mais les chiffres dévoilés ne précisent pas à combien de suppressions de postes cela correspond. C’est 389 postes qui ont été éliminés en 2013-2014.

Jean-René Noël, Directeur régional des communications, estime que les principales pertes d’emploi sont passées. «Au niveau des suppressions de postes, on avait un plan sur 3 ans, l’objectif a été atteint et dépassé après deux ans.» En revanche, le nombre de médecins n’a quasiment pas changé cette année, ils sont 551 à œuvrer pour la régie francophone.

«Il y avait des choses à réduire et ça s’est fait pour le mieux», a réagi le président de l’organisme Égalité santé en français, Dr Hubert Dupuis. Il s’oppose par contre à la privatisation des services alimentaires et de l’entretien ménager.

Vitalité a généré un excédent d’exploitation de 3,8 millions $ malgré des recettes en diminution. En effet, le ministère de la Santé a accordé un financement supplémentaire de 8,8 millions $ en 2013-14, mais ne l’a pas renouvelé cette année.

«Le réseau Vitalité a amélioré sa performance et son efficacité matière de livraison des soins. Il a démontré qu’il était capable de réduire ses dépenses avec un plan bien pensé et exemplaire», ajoute Dr Dupuis.

Les coûts par habitant pour les soins de santé sont passés de 2856 $ à 2761 $. 77,9 % des personnes hospitalisées affirment être entièrement satisfaites de leur séjour. Principal point à améliorer: seulement 59 % des patients interrogés se disent complètement satisfaits de la tranquillité des locaux.

Une transition à grande échelle se prépare

Vitalité prépare actuellement un plan de services clinique, une stratégie pour l’ensemble du réseau de santé qui doit redéfinir l’organisation des services. Plusieurs groupes de travail internes travaillent depuis an sur différentes recommandations. Celles-ci seront présentées au conseil d’administration à l’automne, avant d’être validées par le Ministère de la Santé.

«Des décisions difficiles devront être prises et des changements sont à prévoir», prévient le président du Conseil d’administration Paul Couturier, dans son rapport. «Avec de la bonne volonté, de l’ouverture d’esprit et la collaboration de tous, nous demeurons sûrs d’obtenir un plan qui pourra à la fois assurer la pérennité de nos services et notre viabilité financière.»

Impossible de savoir pour le moment par quelles mesures concrètes cela se traduira.

«C’est prématuré à ce moment, car le travail est toujours en cours», indique Jean-René Noël.

«Il s’agit de s’assurer que nos ressources humaines et financières soient utilisées de la meilleure façon possible pour offrir les meilleurs services.»

Stéphane Robichaud, directeur général du Conseil de la Santé du Nouveau-Brunswick, estime que Vitalité est sur la bonne voie.

«Oui il y aura peut-être des gens qui seront déplacés, des postes qui seront éliminés. Mais quand on ne répond pas aux besoins de façon efficace, c’est toujours beaucoup plus coûteux pour le système de santé.»

Selon lui, les compressions et les restructurations n’affecteront pas forcément la qualité des soins.

«Il s’agit de repositionner des services pour mieux répondre aux besoins. À l’origine, ils ont été créés pour traiter des situations très aiguës. Depuis plusieurs décennies, une proportion de la population a développé de multiples maladies chroniques. Pour gérer efficacement ces cas, il faut des services organisés d’une façon très différente.»

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