Brian Gallant a Stephen Harper dans sa mire

Brian Gallant profite de sa liste d’épicerie à l’intention des chefs des partis politiques fédéraux en prévision des élections du mois d’octobre pour lancer une attaque en règle contre le gouvernement de Stephen Harper.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a envoyé récemment une lettre aux leaders des quatre principales formations politiques fédérales accompagnée d’un document de sept pages sur les «priorités» de son gouvernement en matière de partenariats fédéral-provincial.

M. Gallant demande à Stephen Harper, Thomas Mulcair, Justin Trudeau et Elizabeth May de «réfléchir aux moyens» pour «régler les problèmes» de la province et leur suggère d’inclure ces solutions dans leur plateforme électorale.

Malgré la neutralité du langage utilisé par le premier ministre libéral dans sa missive, le ton du communiqué de presse émis par son cabinet se veut plutôt incisif.

«Le gouvernement fédéral continue de pelleter dans la cour des provinces afin d’équilibrer ses budgets. En agissant de la sorte, le gouvernement Harper fait du tort à l’économie canadienne», affirme M. Gallant dans le communiqué, ne ménageant pas le premier ministre conservateur.

«Nous travaillerons avec n’importe quel parti qui sera prêt à régler le déséquilibre fiscal actuel qui fait tort à l’économie et qui a des effets négatifs sur nos systèmes de soins de santé et d’éducation», a ajouté M. Gallant.

Durant la campagne électorale provinciale, le chef du Parti libéral fédéral, Justin Trudeau, était venu prêter main-forte à Brian Gallant qui tentait de se faire élire à la tête du Nouveau-Brunswick. On sait les organisateurs de sa campagne sont proches de celle de M. Trudeau.

M. Gallant s’en prend notamment à la nouvelle formule de calcul du Transfert canadien en matière de santé adopté unilatéralement par Ottawa et qui entrera en vigueur dans deux ans. Les montants des transferts pour les soins de santé en provenance du fédéral seront alors calculés uniquement en fonction du nombre d’habitants par province, sans tenir compte de l’âge de la population ou de son caractère rural.

«Cette situation fera en sorte qu’il sera encore plus difficile de fournir des services de soins de santé adéquats et de grande qualité», peut-on lire dans le document envoyé aux partis.

Fredericton demande également aux formations politiques d’annuler les changements apportés par le gouvernement Harper concernant l’assurance-emploi et le programme des travailleurs étrangers temporaires.

«Nous craignons que cette situation incite des entreprises à déménager leur production à l’extérieur de la province et du pays», indique-t-on au sujet du resserrement du programme des travailleurs étrangers temporaires.

«Il est important que le gouvernement fédéral collabore avec le gouvernement du Nouveau-Brunswick pour garantir que le programme d’assurance-emploi protège adéquatement les travailleurs et tient compte des circonstances économiques uniques de notre province.»

Brian Gallant plaide aussi pour davantage d’emplois fédéraux dans la province, plus d’investissements en matière d’infrastructures et de meilleures subventions pour les services destinées aux autochtones du Nouveau-Brunswick.

La négociation d’un accord sur les ressources extracôtières, l’indemnisation pour les dépassements de coûts lors de la réfection de la centrale nucléaire de Point Lepreau et la restauration de la rivière Petitcodiac figurent également sur la liste du premier ministre.

Les électeurs canadiens iront aux urnes le 19 octobre.