Immigration: plus de 20 % de francophones grâce à Entrée express

Francine Landry - Archives
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Plus d’un immigrant sur cinq appelé à s’installer au Nouveau-Brunswick grâce au programme Entrée express est francophone, selon la ministre provinciale responsable de l’immigration.

Fredericton a récemment invité 425 personnes inscrites à Entrée express à immigrer au Nouveau-Brunswick. Plus de 20 % d’entre elles sont francophones, indique la ministre de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Francine Landry.

«Nous sommes en train de modeler le programme Entrée express pour qu’il puisse répondre plus spécifiquement à nos besoins en immigration francophone», explique-t-elle.

Le nouveau système électronique du gouvernement fédéral pour gérer les demandes de résidence permanente de nature économique a été lancé en janvier. Ceux qui désirent immigrer au Canada peuvent s’inscrire au programme à tout moment pour ajouter leur nom à une banque de candidats potentiels dans laquelle Ottawa et les provinces peuvent faire leur choix.

La ministre Landry a accordé une interview au journal dans le sillage de la contestation des communautés francophones en milieu minoritaire concernant l’abolition l’automne dernier du programme Avantage significatif francophone par le fédéral.

L’initiative qui devait faciliter l’immigration des travailleurs qualifiés francophones à l’extérieur du Québec «avait très peu d’impact sur l’immigration francophone au Nouveau-Brunswick», selon Francine Landry. Son ministère n’a toutefois pas été en mesure de nous indiquer le nombre de participants aux programmes.

Les propos de la ministre Landry font écho à ceux de son homologue responsable de Citoyenneté et Immigration Canada, Chris Alexander, qui confiait récemment au journal qu’Avantage significatif francophone n’avait permis d’attirer au pays que «quelques centaines de travailleurs temporaires» et que «très peu d’entre eux» ont fini par immigrer au Canada.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Sylviane Lanthier, réclame le retour d’un programme du genre pour «contribuer au développement» des communautés francophones en milieu minoritaire. Le commissaire aux langues officielles du Canada étudie d’ailleurs la plainte de la FCFA à ce sujet.

Le Nouveau-Brunswick a mis environ quatre mois avant de lancer sa première ronde de recrutement d’immigrants par le biais d’Entrée express. «C’est un programme assez complexe au niveau de son utilisation», avance Mme Landry.

«Il y a eu des ajustements. Il y a plusieurs provinces également qui ont connu des retards dans l’utilisation du programme Entrée express.»

Au pays, moins de 1% des demandeurs de résidence permanente par le truchement du nouveau programme électronique ont passé leur test de compétence linguistique en français.

«Dans les derniers mois, nous avons été noyés par des demandes en provenance des pays asiatiques ou en provenance de pays exclusivement anglophones», admet Francine Landry. La ministre a cependant bon espoir de réussir à adapter Entrée expresse aux besoins de la province en matière d’immigration francophone.

«Il y a des ajustements que l’on veut faire pour favoriser les gens qui ont les compétences linguistiques en français, les gens qui veulent s’établir au Nouveau-Brunswick dans les communautés francophones. On met vraiment un accent important sur l’immigration francophone au Nouveau-Brunswick.»

Environ 14 % des nouveaux arrivants dans la province de 2001 à 2010 étaient francophones. Fredericton vise une augmentation de 3 % par année afin d’atteindre 33 % d’immigrants francophone en 2020, soit l’équivalent du poids démographique des francophones au Nouveau-Brunswick.

Les 425 personnes choisies par le Nouveau-Brunswick (dont la demande doit encore être approuvée par le fédéral) s’ajoutent aux 625 individus du Programme des candidats du Nouveau-Brunswick qui permet déjà à la province d’attirer un certain nombre de nouveaux venus de son choix.

Le premier ministre Brian Gallant a envoyé récemment une lettre aux principaux partis politiques fédéraux contenant une série de demandes en prévision des élections fédérales du mois d’octobre dans laquelle il exhorte les chefs à faire passer le programme à 1500 candidats pour le Nouveau-Brunswick dès 2016.

«Le plafond annuel du programme imposé par le gouvernement fédéral est demeuré à 625 candidats au cours des cinq dernières années», déplore M. Gallant

«Le Nouveau-Brunsiwck est aux prises avec de sérieuses difficultés démographiques, notamment l’exode des jeunes et le vieillissement de la population», rappelle-t-il pour souligner les besoins de la province en matière d’immigration.

Le Nouveau-Brunswick a connu une baisse de sa population de 0,4 % entre 2012 et 2014.

Un sommet national sur l’immigration francophone?

Les ministres provinciaux responsables de l’Immigration et de la Francophonie pourraient se rencontrer avant l’été prochain, affirme la ministre néo-brunswickoise de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail.

Selon Francine Landry, les ministres songent à organiser ce sommet «pour voir de quelle façon on peut faire des recommandations au gouvernement fédéral en ce qui concerne le plan d’action pour l’immigration francophone.

Au Canada, à peine 1.8 % de la population immigrante vivant hors Québec est francophone. L’objectif d’Ottawa est de 4.4 %.

«Comment peut-on, nous comme provinces, aider le fédéral à atteindre ses objectifs en augmentant l’immigration francophone. Nous avons des pistes de solution à suggérer au fédéral», avance la ministre Landry.