La ministre du Développement social s’engage à renforcer les exigences linguistiques des nouveaux foyers de soins bilingues gérés par le secteur privé.

La ministre Cathy Rogers promet d’instaurer des règles plus strictes pour assurer le respect des droits linguistiques des aînés lors de la création de nouveaux établissements de soins agréés bilingues.

Il existe déjà quatre foyers de soins désignés bilingues au Nouveau-Brunswick. Leurs responsables assurent mettre tout en oeuvre pour offrir à leur clientèle un service de qualité égale en français et en anglais (voir encadré), même si les règles du ministère en la matière sont plutôt succinctes.

Le gouvernement a pris les aînés francophones de Fredericton par surprise le mois dernier en annonçant l’édification prochaine d’un foyer de soins bilingue de 60 lits. L’Association des aînés de la région de la capitale milite depuis 2011 pour obtenir un établissement de soins francophone de 30 lits à Fredericton.

Une demande de propositions sera lancée par le gouvernement pour trouver un partenaire privé qui sera chargé de construire puis d’exploiter le nouvel établissement.

Fredericton a indiqué en mai son intention d’avoir dorénavant recours à des ententes de partenariats public-privé pour étendre son offre d’hébergement et de soins pour les personnes âgées.

La ministre Rogers assure qu’elle consultera les représentants des aînés et des foyers de soins afin d’élaborer les demandes de propositions pour le foyer de soins bilingues de Federicton et les autres établissements du même genre qui pourraient suivre.

«Cette démarche aura comme but principal de mieux définir les exigences que devront suivre les foyers de soins bilingues en ce qui a trait aux services offerts dans la langue de choix des résidents», a précisé récemment le ministère du Développement par écrit.

«À l’avenir, quand nous présenterons des demandes de propositions au secteur privé, nous allons inclure (les obligations linguistiques) dans les critères très importants que devront respecter les exploitants», a ajouté Cathy Rogers en marge d’une annonce gouvernementale plus tôt cette semaine.

La ministre a notamment rendez-vous avec l’Association des aînés de la région de la capitale le mois prochain.

«Nous voulons exprimer nos préoccupations à la ministre et lui poser une série de questions sur ce qu’elle veut dire par un foyer bilingue», a récemment déclaré à l’Acadie Nouvelle la présidente de l’association, Yvonne McLaughlin.

«Nous avons déjà eu de mauvaises expériences avec le bilinguisme; la question du personnel, la langue de travail et tout le reste», a-t-elle dit.

La ministre Rogers n’exclut pas la création d’autres foyers de soins bilingues ailleurs en province alors que le vieillissement de la population va s’accélérer.

Est-ce que les nouvelles règles s’appliqueront également aux quatre foyers de soins bilingues existants?

«Ça va faire partie des discussions à venir», répond une porte-parole du ministère par courriel.

Les directives du ministère à l’intention des foyers bilingues se limitent pour le moment à un «guide de travail interne» sur les caractéristiques d’un établissement du genre qui «peuvent inclure» de l’affichage et un personnel bilingue, des activités «récréatives, spirituelles et culturelles» en français et en anglais, ainsi que des «fêtes culturelles» en lien avec les deux communautés linguistiques.

Malgré les pressions exercées par la société civile acadienne, le gouvernement n’a pas cru bon d’assujettir les foyers de soins à la Loi sur les langues officielles lors de sa plus récente révision.

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