Deux pins rouges vieux de 300 ans découverts au Nouveau-Brunswick

Les plus anciens pins rouges de l’Atlantique, trois fois centenaires, ont été découverts au Nouveau-Brunswick, plus exactement dans la zone naturelle protégée de Népisiguit.

Ils ont été détectés il y a deux semaines, au cours d’une activité du Musée du Nouveau-Brunswick. Ils ont environ 300 ans, ce qui en fait les deux plus anciens exemplaires connus à ce jour au Canada atlantique pour cette espèce.

«En fait, je cherchais un vieux pin blanc avec d’autres participants de Biota NB quand j’ai repéré un grand pin rouge. Je suis vite allé l’examiner de plus près. Comme je n’avais jamais vu d’écorce aussi noueuse sur un pin rouge, je savais que c’était un exemplaire spécial. Par contre, je m’attendais à ce qu’il soit creux comme beaucoup de très vieux arbres», a expliqué Ben Philipps, dendrochronologue de l’Université Mount Allison et scientifique en conservation de la Réserve de biosphère de Fundy.

Ces trouvailles sont intéressantes parce qu’en général, les pins rouges atteignent seulement 150 à 200 ans et que la plupart meurent même beaucoup plus tôt. Épargnés par la tronçonneuse, ces vieillards se sont réensemencés en aval, créant tout un peuplement de vieux pins rouges.

M. Phillips a pu déterminer l’âge de l’arbre grâce à l’analyse de ses anneaux de croissance. Il a prélevé, entre le centre de l’arbre et l’écorce, une carotte de sondage de la taille d’un crayon.

«Il s’est avéré que l’arbre était solide de part en part et que ses anneaux étaient extrêmement minces et serrés fortement les uns aux autres, relate-t-il. Il était évident que l’arbre avait plusieurs centaines d’années et, quand j’ai levé les yeux, j’ai aperçu un autre pin rouge, presque identique, à seulement quelques mètres»

Ben Phillips n’avait jamais auparavant rencontré d’arbres jumeaux centenaires, toutes espèces confondues.

«Le fait de connaître maintenant leur existence nous donne une certaine fierté et fait réfléchir à la diminution des forêts du Nouveau-Brunswick. Espérons que cette découverte nous incitera à en faire plus pour sauver les forêts anciennes qui restent parce qu’un monde de créatures peu connues dépend de ces vieux arbres»

En 2005, M. Phillips avait déniché l’épinette rouge la plus ancienne du monde dans le parc national Fundy. Cet arbre, vieux de plus de 465 ans, est encore en vie.