Un groupe francophobe demande le renvoi de la commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, Katherine d’Entremont, qu’il accuse de mépriser les anglophones.

 
Dans une lettre adressée au premier ministre Brian Gallant et envoyée par une administratrice du groupe Facebook intitulé «Citizens Action Team – New Brunswick», environ 400 personnes demandent le «retrait immédiat» de la commissaire. Le document a aussi été envoyé aux partis d’opposition et à des médias.

Les signataires avancent que Katherine d’Entremont a été incapable de promouvoir les deux langues officielles de la province, qu’elle a «négligé les anglophones en favorisant clairement la population francophone tant par ses paroles que par ses actions» et qu’elle a un «mépris pur et simple» envers les anglophones.

Ils l’accusent d’avoir grandement contribué à la détérioration des relations entre les communautés linguistiques ces derniers temps en menant une «attaque» contre la ville de Miramichi et en recommandant que les hauts fonctionnaires provinciaux soient bilingues.

Cela fait preuve selon eux un «manque de respect, de compréhension et de responsabilité envers la majorité anglophone».

Dans son rapport 2014-2015, Katherine d’Entremont a mis en lumière les nombreuses infractions à la Loi sur les langues officielles par la municipalité de Miramichi.

Dans ce rapport, elle a aussi recommandé que le bilinguisme soit une compétence nécessaire à l’obtention d’un poste de sous-ministre, de sous-ministre adjoint et de directeur général au sein du gouvernement provincial. Les postes visés par sa recommandation représentent moins de 3 % de la fonction publique.

 
La commissaire fait son boulot, selon Donald Arseneault

 
L’Acadie Nouvelle a demandé des commentaires au premier ministre, Brian Gallant. C’est plutôt le ministre responsable des Langues officielles, Donald Arseneault, qui a réagi au nom du gouvernement.

En interview téléphonique, il rappelle qu’à l’instar du commissaire aux conflits d’intérêts, de la vérificatrice générale et des autres fonctionnaires de l’Assemblée législative, Katherine d’Entremont n’est pas une fonctionnaire comme les autres.

«La commissaire (aux langues officielles) est indépendante du gouvernement, elle répond à l’Assemblée législative. Elle a un rôle important à jouer pour s’assurer que les deux communautés linguistiques sont respectées. Et elle joue ce rôle-là», dit-il.

Il affirme que les dossiers linguistiques soulèvent les passions dans la province, mais que cela ne veut pas dire pour autant que l’on doit montrer la porte à la commissaire d’Entremont.

«On est très fiers d’avoir notre statut officiel de province bilingue et je pense qu’on a tous à gagner à travailler ensemble plutôt que de se diviser comme communautés. (…) J’ai un grand respect pour la commissaire. Je respecte les recommandations qu’elle fait. Par contre, comme on la démontré dernièrement, ça ne veut pas dire qu’on doit accepter l’ensemble de ses recommandations», fait-il remarquer.

Le gouvernement a effectivement récemment rejeté la recommandation de Katherine d’Entremont que le bilinguisme soit un critère d’embauche des hauts fonctionnaires.

Le ministre souligne d’ailleurs qu’il n’est pas anormal de voir la commissaire se pencher sur un plus grand nombre de plaintes déposées par les francophones, puisqu’ils forment la minorité et que leurs droits linguistiques sont plus souvent bafoués que ceux des anglophones.

«Seulement 33 % de la population est francophone, donc c’est sûr qu’il va peut-être y avoir beaucoup plus de dossiers qu’elle doit gérer pour protéger cette minorité francophone. Ça ne veut pas dire qu’elle est biaisée d’un côté ou d’un autre. Je suis certain qu’elle gère avec autant de respect et de vigueur les plaintes de l’autre côté qui touchent la communauté anglophone.»

Une porte-parole du commissariat aux langues officielles a fait savoir que Katherine d’Entremont n’accordera pas d’interviews sur cette affaire.

Le Parti progressiste-conservateur n’a pas répondu à notre demande, alors que le Parti vert n’a pas souhaité faire de commentaire. Le chef des verts, David Coon, est en vacances, nous a-t-on répondu.

 
La SANB se porte à la défense de la commissaire

 
La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick est montée au front, lundi avant-midi, pour défendre Katherine d’Entremont.

La présidente de la SANB, Jeanne d’Arc Gaudet, a affirmé par voie de communiqué que la demande du groupe «n’est pas fondée puisque Mme d’Entremont ne faisait que rappeler la loi qui s’applique au Nouveau-Brunswick en ce qui concerne les langues officielles».

Selon elle, cette nouvelle offensive contre la commissaire n’est qu’un énième reflet du «manque de sensibilisation et d’explication quant à la Loi sur les langues officielles» et qu’il est «important que tous les Acadiens et toutes les Acadiennes, dans leur vie de tous les jours, réfutent les mythes et les idées préconçues autour des langues officielles au Nouveau-Brunswick».

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