Urgence de Grand-Sault: les médecins craignent qu’une fermeture entraîne des décès [vidéo]

Selon des médecins de famille de l’Hôpital général de Grand-Sault, la fermeture durant la nuit de l’urgence de l’établissement de santé pourrait éventuellement mener à pas moins de 122 décès par année.

Pour en arriver à cette conclusion, les médecins ont analysé les admissions à l’urgence entre minuit et 8 h durant la période comprise entre juillet 2014 et juillet 2015.

Ceux-ci ont constaté que 10 admissions à l’urgence étaient de nature «Code 1», soit des cas qui nécessitent une réanimation et une attention médicale immédiate alors que 112 admissions de type «Code 2» étaient enregistrées, des cas nécessitant cette fois des soins très urgents et une intervention médicale en 15 minutes pour éviter la mort.

Pour ces médecins, l’analyse effectuée en vient à la conclusion que 122 personnes n’auraient pas eu les soins adéquats dans un délai prescrit et seraient tout bonnement décédées.

Ces professionnels de la santé ont à leur tour fait part de leurs inquiétudes quant à l’avenir de l’Hôpital général de Grand-Sault. Des rumeurs persistantes laissent présager une réduction des heures d’ouverture du service d’urgence, qui pourrait éventuellement être appelé à fermer ses portes durant la nuit.

Le Réseau de santé Vitalité pourrait économiser une somme d’un peu plus de 900 000 $ par année si l’urgence était fermée chaque jour durant la nuit.

«On a déjà perdu beaucoup de services et de lits à l’hôpital et on a avalé ça sans dire un mot. Mais cette coupure à l’urgence est inacceptable», a affirmé le médecin Maurice Roy.

Les médecins craignent également que cette possible fermeture de nuit de l’urgence mène tout bonnement à une éventuelle fermeture complète du service.

«On sent l’urgence d’intervenir, il ne faut pas permettre au ministre de la Santé de mettre en péril 122 vies par année pour des économies de bout de chandelle», a indiqué pour sa part Dr Pierre Mayrand.

Selon les médecins, une crainte vient de s’installer dans la population, qui se demande déjà parfois si l’urgence est ouverte la nuit.

«C’est stressant, insécurisant et c’est difficile pour la population», estime Dr Mayrand.

Celui-ci se questionne également au sujet des patients qui seraient éventuellement admis à l’urgence tard en soirée et qui seraient toujours l’objet de soins ou en observation lorsque l’urgence doit fermer ses portes.

Selon Pierre Mayrand, ces patients devraient alors être transférés à l’Hôpital régional d’Edmundston ou bien pourraient demeurer à Grand-Sault, ce qui se traduirait par l’obligation d’ajouter du personnel médical durant la nuit et fort peu d’économie en fin de compte dans les deux cas.