Financement de la santé: les partis défendent leur vision

Il n’y avait pas suffisamment de chaises pour tout le monde à la salle Empress du théâtre Capitol mardi soir à Moncton. Environ 150 personnes s’y étaient donné rendez-vous pour entendre les candidats de la circonscription fédérale de Moncton-Riverview-Dieppe parler santé dans le contexte d’une population vieillissante.

La libérale Ginette Petitpas Taylor, le néo-démocrate Luc LeBlanc et le vert Luc Melanson étaient de l’événement. Le député sortant, le conservateur Robert Goguen, brillait par son absence.

Au Canada, 14 % de la population est âgée de 65 ans et plus.

Au Nouveau-Bruns-wick, cette statistique grimpe à 16 %. Dans cette optique, l’Association des infirmières et des infirmiers du Canada (AIIC) demande au gouvernement fédéral d’agir afin d’améliorer le système de santé et interroge les candidats sur les intentions en la matière dans une campagne web et en tournée nationale.

L’AIIC veut faire des soins de santé aux aînés une priorité durant cette campagne électorale. Les trois partis représentés mardi soir s’entendent. Le problème avec le système de soins santé est son financement.

«Ottawa doit jouer un meilleur rôle dans les soins de santé. Le système de santé souffre d’un manque systémique et chronique de financement», a lancé d’emblée le néo-démocrate Luc LeBlanc soulignant que son chef, Thomas Mulcair, s’est engagé à rencontrer les provinces deux fois par an pour discuter des soins de santé.

La candidate libérale a soutenu que le système de soins de santé doit être plus efficace dans son approche et qu’un gouvernement Trudeau travaillerait avec le gouvernement provincial pour l’améliorer.

«Le Parti libéral du Canada reconnaît que le système de soins de santé doit être modernisé afin de s’assurer que les Canadiens ont accès à un service efficace et efficient quand ils en ont besoin et où ils en ont besoin», a indiqué Mme Petitpas Taylor.

Le Parti vert veut de son côté changer le calcul sur lequel est basé le programme de transferts fédéraux aux provinces pour qu’il prenne compte de l’âge de la population et non son produit intérieur brut. Luc Melanson, le candidat du Parti vert, privilégie une approche sur la prévention.

«En étant plus actifs, nous serons capables de limiter les visites à l’hôpital et de rester en santé plus longtemps, ce qui pourrait contribuer grandement à réduire les coûts», a-t-il précisé.

«C’est plus que l’argent, c’est aussi être à l’écoute des gens!», a lancé Joanne Richard, coordonnatrice régionale pour le Sud-Est à la Société Alzheimer du Nouveau-Brunswick, en réaction aux réponses des candidats.

Selon l’AIIC, une journée de soins à l’hôpital s’élève à 1000 $. Or, les mêmes soins à domicile coûteraient à l’État environ 55 $.

«Il y a des efficacités énormes à aller chercher en soignant les gens à la maison. Les gens sont aussi plus confortables à se faire soigner à la maison, surtout à long terme, a reconnu Luc LeBlanc.

Il a ajouté que ça fait tout le bon sens du monde de développer des réseaux de soins à la maison.»

De son côté, la libérale veut consulter afin de savoir comment bien implanter les soins à domicile.

«On doit consulter des professionnels. On a parlé à des gens qui travaillent dans les soins de santé il y a deux semaines. Ils nous disent que les gens vieillissent mieux à la maison. Ils veulent avoir des services à domicile On doit consulter avec ces gens-là pour savoir comment mettre ces services sur pied», a-t-elle avancé.

Le candidat du Parti vert a aussi soutenu vouloir aider les gens à rester à la maison.

Le débat a été animé par Rachel Bard, infirmière la retraite et ancienne présidente-directrice générale de l’AIIC. L’Assemblée publique a été organisée en partenariat avec l’Association canadienne de soins et services à domicile et la Coalition canadienne des proches aidants.