Près de la moitié des étudiants en sciences infirmières n’ont pas réussi le nouvel examen d’admission à la profession. Il s’agit du plus faible taux de réussite au Canada.

Ils étaient 265 finissants de l’Université de Moncton et de l’Université du Nouveau-Brunswick à tenter l’examen d’immatriculation cette année, seuls 144 l’ont réussi. Un succès est nécessaire pour devenir infirmière ou infirmier autorisé et pouvoir travailler sans supervision.

Avec un taux de réussite de 54,3 %, les élèves de la province se classent au dernier rang, loin derrière ceux de Colombie-Britannique (82.2 %) ou de Nouvelle-Écosse (80.7 %). Toutes les autres provinces affichent de meilleurs résultats à cet examen d’entrée national. Seul le Québec ne l’utilise pas, car il fonctionne avec son propre système d’évaluation.

L’Association des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (AIINB) est chargée d’approuver les programmes provinciaux de formation et de déterminer les standards professionnels.  La directrice générale, Roxanne Tarjan, s’inquiète du nombre élevé d’échecs. «Ces résultats soulèvent de grandes questions», concède-t-elle.

Elle n’est pas en mesure d’expliquer précisément la cause de ce fossé: l’examen, le programme de formation ou la préparation de l’étudiant? «Ailleurs en Atlantique, des universités avec des ressources similaires sont capables d’obtenir des performances très élevées. Donc l’examen est juste pour nos diplômés. Est-ce que le programme est trop faible ou est-ce que l’étudiant ne s’est pas assuré préparé? Il y a trop de variables.»

Les associations infirmières professionnelles au Canada ont mis en place pour la première fois un examen informatisé, le NCLEX, qui a remplacé le test sur papier utilisé depuis deux décennies.  Le Nouveau-Brunswick est à la traîne pour six des huit catégories évaluées. Les étudiants se rapprochent de la moyenne nationale uniquement pour les des soins de base et l’intégrité psychosociale. Roxanne Tarjan juge l’examen adéquat.

«Le nouvel examen se concentre sur l’application des connaissances, c’est important puisque c’est ce que les débutants font quand ils commencent à travailler. Il nous permet de nous assurer que les professionnels qui entrent (sur le marché du travail) soient capables de répondre aux attentes du système de santé. Il faut qu’on assure la sécurité du public.»

L’Université de Moncton loin derrière

Le taux de passage est bien plus faible à l’Université de Moncton (30 %) qu’à l’Université du Nouveau-Brunswick (64 %). Les nombreux étudiants qui ont échoué pourront travailler six mois avant de repasser l’examen. Ils ne disposent que de trois essais.

«Notre programme est fort, plus fort qu’il ne l’a jamais été», affirme Suzanne Harrison. La directrice de l’École de science infirmière de l’Université de Moncton juge que la formation ne fait pas défaut.

«On est convaincu que notre programme prépare nos étudiants à la rentrée. C’est certain qu’on est préoccupé des résultats.» La directrice ajoute qu’une réflexion sur les causes, et un ajustement seront nécessaires.

Après la révision du programme en 2010, l’école avait pourtant enregistré de très bons résultats en 2014, et ne comptait qu’une dizaine d’échecs avec l’ancien test. Mme Harrison assure que les retours d’information des infirmières sur les jeunes aspirants à la profession sont très positifs.

«Si c’est au niveau des programmes, il n’y a pas grand-chose à changer parce que nous recevons très peu de plaintes concernant un niveau de soin trop bas», renchérit Mme Tarjan.

Les francophones désavantagés?

Le mois dernier, plusieurs étudiants avaient dénoncé la qualité de la traduction de l’examen mis au point par une entité américaine. «Bon nombre de questions étaient traduites dans un français qui laissait à désirer, ce qui fait que l’intention des testeurs était floue», expliquait l’un d’entre eux de façon anonyme.

«Il se peut que des finissants aient donné une mauvaise réponse, non pas en raison d’un manque de compétences, mais bien en raison de la mauvaise qualité du langage utilisé. C’est comme si nous avons été le groupe cobaye pour évaluer si l’examen NCLEX est approprié pour le type de formation que nous avons reçue.»

Selon Roxanne Tarjan, le fournisseur de l’examen, le National Council of State Boards of Nursing, s’est assuré que les questions soient traduites dans un français canadien par des experts puis révisé par des infirmières bilingues.

L’étudiant jugeait ne pas avoir été suffisamment préparé à ce type de test. Suzanne Harrison répond que le personnel enseignant a participé à plusieurs ateliers pour se former au nouvel examen. Bien que les consignes soient offertes dans les deux langues, les manuels et les logiciels existants pour se préparer au test sont uniquement offerts en anglais. «C’est une réalité», reconnaît la directrice générale de l’AIINB. «Mais si vous n’avez pas les connaissances requises, vous n’en tirerez aucun avantage à l’examen.»

Les trois campus de l’UdeM ont travaillé ensemble pour créer des ressources en français et un partenariat a été créé entre les quatre universités qui offrent un programme francophone (Moncton, Ottawa, Sudbury et Saint-Boniface) pour mettre en commun des documents de travail.

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