Des citoyens de Paquetville veulent en savoir plus sur le radon

Une étude récente de Santé Canada démontre que le sous-sol de la région de Paquetville contient des concentrations très élevées de radon, un gaz radioactif potentiellement cancérigène. L’organisme fédéral a organisé une rencontre mercredi soir au Centre des loisirs de Paquetville à 19 h afin de partager de l’information avec la population. Une trentaine de personnes ont répondu à l’invitation.

C’est dans une résidence de Bas-Paquetville qu’un taux de 5590 becquerels par mètre cube (Bq/m3) a été détecté, soit environ 28 fois plus que les taux jugés acceptables par Santé Canada. Il s’agissait du deuxième taux le plus élevé au Canada. Le seuil maximum jugé acceptable par Santé Canada est de 200 bq/m3.

«Santé Canada nous a approchés pour faire une présentation sur le radon. Les concentrations dans la région sont élevées», dit le maire de Paquetville, André Gozzo.

Selon une enquête pancanadienne menée en 2012 par le gouvernement fédéral, 40% des résidences du nord-est du Nouveau-Brunswick ont un taux de radon supérieur à 200 bq/m3. Dans le reste du Canada, ce sont 6,9 % des résidences qui dépassent cette limite.

Le radon est un gaz incolore et inodore naturellement présent dans le sol. Lorsqu’il s’infiltre dans un bâtiment fermé ou mal ventilé, le taux de radon peut être très élevé. L’exposition prolongée à un taux élevé de radon augmente les risques de cancer du poumon. Après le tabagisme, c’est la deuxième cause de cette maladie.

Les risques d’un cancer augmentent considérablement lorsqu’un individu à risque est également un fumeur.

Une bonne ventilation minimise les quantités du gaz radioactif et réduit considérablement les risques pour la santé.

À part donner de l’information précise à la population, les autorités municipales de Paquetville ne peuvent pas faire grande chose pour éliminer le problème..

«Au Village, nous avons dit aux gens de s’informer auprès de gens qualifiés s’ils pensent qu’il y a un problème dans leur maison», dit André Gozzo.

Corinne Hache, de Paquetville, s’est déplacée pour en apprendre plus sur le gaz radioactif. Elle en avait déjà entendu parler. En 2009, des parents ont bloqué pendant quelques jours l’accès à l’école Terre-des-Jeunes de Paquetville. Ils étaient inquiets des résultats de tests de détection de radon. Les risques sur la santé sont préoccupants, dit Mme Hache. Elle a l’intention de contacter un expert certifié pour voir si elle s’expose à des ennuis potentiels.

«Je vais faire les tests. Ça coûte 30 $ ou
40 $ seulement», souligne-t-elle.

Patrice Thériault, de Paquetville, a déjà fait le test. Les résultats ont démontré qu’il n’y avait pas de risque dans sa demeure.

«Je ne ferais pas d’autres tests. Ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète.»

Puisque le radon ne se trouve pas uniquement à Paquetville, mais un peu partout, Santé Canada prévoit de faire une deuxième présentation jeudi soir devant les membres de la Commission de services régionaux de la Péninsule acadienne.

Pour détecter des concentrations de radon à l’intérieur d’un bâtiment, Santé Canada suggère d’embaucher un professionnel certifié ou d’acheter une trousse de mesure du radon disponible dans certaines quincailleries ainsi qu’en contactant l’Association pulmonaire du Nouveau-Brunswick. Un appareil de détection coûte environ 40 $.

Santé Canada recommande d’utiliser un test de mesure à long terme pendant au moins trois mois. Le meilleur moment pour la détection est entre les mois de septembre et avril, lorsque les fenêtres sont généralement fermées.