La province redoublera d’ardeur pour recruter des médecins

Fredericton passe en deuxième vitesse pour recruter de nouveaux médecins, mais les finissants en médecine ne sont pas pour autant à la veille de recevoir de meilleurs incitatifs pour s’établir au Nouveau-Brunswick.

Le ministère de la Santé à l’intention de procéder à l’embauche d’un coordonnateur provincial du recrutement des médecins.

C’est l’une des recommandations du comité de travail mis sur pied par le gouvernement en avril pour étudier le processus de recrutement des médecins.

Le comité formé de représentants de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, des régies de santé Vitalité et Horizon et du ministère de la Santé recommande notamment la création de «meilleures mesures incitatives» pour attirer plus de médecins dans la province.

Le Parti libéral a promis en campagne électorale de créer 50 nouveaux postes de médecins généralistes d’ici 2018, mais de nombreux postes restent déjà vacants au sein des deux régies.

Le gouvernement pourrait envisager de nouveaux incitatifs financiers pour les médecins, mais il ne semble pas avoir l’intention pour le moment d’en faire l’élément central de sa stratégie de recrutement.

«C’est certain que les incitatifs qu’offre la province, c’est une chose qui va falloir regarder. Il va falloir regarder ce qui s’offre dans les autres juridictions et de quelle manière nous pouvons être le plus compétitif possible», a avancé le ministre de la Santé, Victor Boudreau, lors d’une conférence de presse, mercredi.

«Mais, j’argumenterai que lorsqu’un médecin choisit de venir au Nouveau-Brunswick, ce n’est pas exclusivement à cause des incitatifs qui sont en place. C’est parce qu’il fait bon vivre au Nouveau-Brunswick.»

D’autres provinces font des pieds et des mains pour attirer de nouveaux médecins. L’Ontario promet une subvention variant de 80 000 $ et 117 600 $ aux docteurs qui acceptent de s’installer dans certaines communautés rurales. La Nouvelle-Écosse offre aux jeunes médecins un remboursement de leur dette d’études pouvant aller jusqu’à 120 000 $ pour qu’ils exercent leur métier dans certaines localités.

Le Nouveau-Brunswick propose quant à lui une prime de 20 000 $ dans certaines régions ou pour certaines spécialités, ainsi qu’une subvention d’affaires de 15 000 $ pour aider les nouveaux médecins de famille avec les frais d’établissement de leur pratique.

«L’argent c’est bien, mais il existe d’autres incitatifs qui peuvent attirer les médecins au Nouveau-Brunswick», a ajouté le président de la Société médicale, Dr Camille Haddad.

«Il y a plein d’autres choses que cherchent les jeunes médecins comme ne pas avoir à travailler seul en isolement, mais plutôt en équipe avec d’autres médecins pour offrir un accès plus facile aux patients.»

Le défi du nouveau coordonnateur du recrutement sera de taille. Selon le site Web du ministère de la Santé, le Nouveau-Brunswick est à la recherche de 30 médecins de famille et de 51 médecins spécialistes pour pourvoir les postes vacants existants (sans compter les 50 médecins de famille de plus promis par le gouvernement).

Selon le ministre Boudreau, Fredericton a recruté 70 nouveaux médecins au cours de la dernière année.

«Mais quand on compare ça au nombre de retraites, c’est un gain de trois médecins seulement», a indiqué M. Boudreau.

«La concurrence est féroce entre les provinces», selon le vice-président du Réseau de santé Horizon, Dr Édouard Hendriks.

«Chaque province s’efforce naturellement à attirer les meilleurs médecins. Nous devrons donc faire beaucoup mieux que ce que nous faisons maintenant.»