La chenillette d’infanterie de type Universal Carrier découverte enfouie sur une propriété d’Escuminac dans la Baie des Chaleurs aura une seconde vie.

C’est le consensus populaire qui découle du Festival du tank d’Escuminac, première et dernière édition, événement  qui s’est déroulé ce week-end et dont le but était non seulement de mettre en valeur cette découverte pour le moins inusitée, mais aussi de la sortir de terre et de lui trouver une nouvelle vocation.

C’est ainsi avec l’aide de nombreux bénévoles que Maryse Goudreau, artiste-photographe et copropriétaire du terrain où a été trouvé l’engin, a pu sortir la chenillette de terre et la transporter plus près de sa résidence.

«Plusieurs personnes sont venues nous aider à creuser, puis on s’est servi d’un tracteur pour le hisser hors de sa position et pour le traîner – sur des billots – sur une petite distance», explique-t-elle, notant avoir été passablement surpris  par l’engin.

«C’est certain qu’il n’est plus dans un état propice à la restauration, mais c’est exactement ce que l’on espérait trouver. Il est très rouillé. Il manque beaucoup de morceaux, dont ses chenilles. Mais il reste reconnaissable et en le retournant – car il était à l’envers dans le sol – les gens ont pu avoir une idée plus précise de ce qu’il était. Plusieurs sont montés dessus afin de se faire prendre en photo. Il y avait toujours un volant sur place. On a même pu déduire que son dernier conducteur était quelqu’un de petite taille puisqu’il y avait toujours un bloc de bois attaché sur la pédale d’embrayage», explique Mme Goudreau.

Chenillette d’infanterie de type Universal Carrier, ce type de véhicule militaire était utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale. De petite taille, ceux-ci servaient tant aux combats qu’aux transports de troupes et d’équipements.

Est-ce que la médiatisation de sa découverte à Escuminac a pu fournir une piste sur la raison de sa présence en Gaspésie?

«Lors du festival, nous avons eu la visite d’une personne qui nous a raconté l’avoir déjà conduit dans sa jeunesse. Ce que nous pensions s’est avéré exact, soit que le propriétaire de l’ancienne scierie ici – un certain Mackenzie – était également propriétaire du char et qu’il s’en servait pour certains travaux, dont le transport de bois. Mais de là à savoir comment ce véhicule est atterri entre ses mains, ici en Gaspésie, nous n’avons pas réussi à obtenir de réponse. Ça demeure une énigme», souligne Mme Goudreau.

Pour le reste, la grande question demeurait que faire de cet engin? Le public présent était invité à soumettre ses idées et c’en est une pour le moins unique qui a été retenue.

«On a décidé de le garder sur le terrain pour le convertir en ruche d’abeilles. On est dans une zone très agricole avec des jardins et des arbres fruitiers, mais on fait face comme un peu partout à des défis particuliers au niveau de la pollinisation. Il y a un problème grandissant au niveau des populations d’abeilles, on s’est donc dit qu’on pourrait utiliser cet ancien véhicule militaire pour apporter de nouvelles abeilles au front», relate M. Goudreau.

Et tout comme le projet, la future ruche ne sera pas conventionnelle.

«Il ne s’agira pas d’une ruche comme on est habitué de les voir ici, soit dans un format de caisse. Il s’agira plutôt d’un nouveau modèle, une ruche à robinet, un système développé par des Australiens. Ce sera donc un robinet de miel qui remplacera la mitraillette. On va remplacer une arme par quelque chose de complètement opposé duquel coule une petite douceur», image Mme Goudreau, notant d’ailleurs que la présence de ce char d’assaut a été l’occasion d’une multitude de réflexions.

«Ça nous a amenés à réfléchir sur la guerre en général et sur notre chance d’être loin de zones de conflits. Il y a des endroits dans le monde où c’est actuellement un vrai cauchemar alors qu’ici, nous on célèbre la découverte d’un vieil engin militaire. C’est tout un contraste », exprime-t-elle.

En plus de travailler au cours des prochaines semaines à la transformation de ce char en ruche, Mme Goudreau aura également beaucoup de travail de montage à faire puisqu’elle a filmé en détail chacune des étapes de l’excavation, son objectif étant de faire un documentaire.

Plusieurs personnes ont participé, en fin de semaine, à l'excavation du fameux "tank" d'Escuminac. - Gracieuseté: Michel Goudreau
Plusieurs personnes ont participé, en fin de semaine, à l’excavation du fameux « tank » d’Escuminac. – Gracieuseté: Michel Goudreau

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