Accident nucléaire à Pointe Lepreau: une simulation se prépare (vidéo)

Les environs de la centrale de Point Lepreau bourdonnent d’activités ces jours-ci. L’unique centrale nucléaire du Canada atlantique s’apprête à exécuter un important exercice de prévention.

La simulation d’un accident nucléaire prévue à la mi-novembre permettra à Énergie NB et à ses partenaires d’une quarantaine d’agences gouvernementales et paragouvernementales de s’exercer dans l’éventualité d’une véritable catastrophe.

«Nous allons prouver que nous sommes prêts pour une journée sinistre si jamais ça devait arriver», avance le directeur des mesures d’urgence de la centrale, Tony Munk.

Les accidents nucléaires sont rares, mais ils sont toujours possibles. La catastrophe de Fukushima au Japon, en 2011, et même celle de Tchernobyl en ex-URSS, en 1986, sont encore bien présents dans la mémoire collective.

«Le manque de préparation n’est pas une option. L’échec n’est pas une option. C’est parce que nous fonctionnons de façon sécuritaire aujourd’hui que le public nous laisse fonctionner demain», dit M. Munk.

Les tragédies nucléaires servent d’ailleurs de leçon à Point Lepreau. Après le passage du tsunami qui s’est abattu sur la centrale de Fukushima, les autorités néo-brunswickoises ont fait l’achat d’équipement pour nettoyer plus rapidement les débris et permettre aux équipes d’urgences d’atteindre la centrale.

Énergie NB a aussi fait l’achat de génératrices supplémentaires pour être en mesure de refroidir le réacteur nucléaire de l’extérieur en cas de panne des systèmes internes.

«Avons-nous appris des choses après Fukushima? Absolument. Avons-nous amélioré nos pratiques? Oui. Mais nous avions aussi fait des améliorations avant et nous continuons d’en faire», affirme M. Munk.

L’exercice intitulé Intrepid 2015 aura lieu les 17 et 18 novembre et sera évalué par la Commission canadienne de sûreté nucléaire. Point Lepreau doit effectuer un exercice du genre aux trois ans pour conserver son permis d’exploitation. Intreprid est en préparation depuis environ 16 mois.

Des membres de l’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick, de la GRC, et d’Ambulance NB, pour ne nommer que ceux-là, se sont joints aux responsables d’Énergie NB, mercredi, pour simuler une évacuation de Point Lepreau et des environs en prévision de l’exercice du mois de novembre.

Des intervenants vêtus de combinaison de protection et de masques à gaz dignes d’un film de science-fiction étaient sur le site pour accueillir de faux évacués et les guider à travers une série de tentes d’examen et de décontamination.

L’opération Intreprid aura des allures similaires tout en étant de plus grande envergure. Un périmètre de sécurité sera établi autour de la centrale et les routes de la région seront barrées.

Point Lepreau a surtout fait parler d’elle ces dernières années en raison des dépassements de coût et des retards durant sa réfection. L’entreprise qui a débuté en 2008 devait coûter 1,4 milliard $ et prendre 18 mois. Au final, elle a plutôt coûté 2,4 milliards $ et a duré 37 mois de plus que prévu.

Les responsables d’Énergie NB affirment avoir dépensé 10 millions $ en mesures de prévention durant la réfection de la centrale, puis 30 millions $ supplémentaires par la suite.

En cas de catastrophe, la centrale nucléaire de Pointe Lepeau pourrait avoir à refroidir son réacteur de l'extérieur. - Acadie Nouvelle: Mathieu Roy-Comeau

En cas de catastrophe, la centrale nucléaire de Pointe Lepeau pourrait avoir à refroidir son réacteur de l’extérieur. – Acadie Nouvelle: Mathieu Roy-Comeau