Consulats généraux de France: des coupes mal accueillies en Acadie

Des groupes acadiens et français dénoncent les compressions que doit subir le Consulat général de France dans les Provinces atlantiques. Au total, 15 postes doivent être supprimés dans les consulats généraux de France au Canada, dont trois au bureau de Moncton.

La décision a été annoncée mardi lors d’une réunion consulaire, soit une rencontre annuelle des consuls généraux de la France au Canada.

Les compressions iront de l’avant à moins qu’intervienne directement le ministre français des Affaires étrangères. C’est ce qu’explique François Lubrina, conseiller consulaire pour Montréal-Moncton-Halifax et conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger pour le Canada.

L’ancien médecin vétérinaire et journaliste a assisté au rassemblement de mardi.

«C’est une décision qui est prise qui n’est pas réalisée, mais qui est à un stade où la décision a été annoncée lors de la réunion consulaire de mardi.»

«Le Quai d’Orsay (le ministère français des Affaires étrangères) peut encore revenir sur sa décision dans la mesure où cela crée quand même une émotion, non seulement dans la population française, mais aussi acadienne.»

La nouvelle aura des impacts néfastes sur l’immigration française en Acadie, estime-t-il.

«Ces trois postes, c’est très grave. Non seulement qu’on supprime ces trois postes, mais on supprime les services consulaires.»

Ces services, qui seront déménagés à Montréal, comprennent l’émission de passeports et des pièces d’identité, ainsi que les questions sur l’état civil.

«C’est très dommageable pour l’immigration française. Un immigrant ne devient pas canadien le lendemain de son arrivée. Il faut trois ou quatre ans, et avec tous les papiers, quatre ou cinq ans. On imagine mal des Français avec leur famille aller faire des allers-retours à Montréal.»

La nouvelle inquiète le président de la Société nationale de l’Acadie, René Cormier. Il a l’intention d’aborder le sujet lors d’une réunion avec l’ambassadeur de la France qui doit avoir lieu bientôt à Ottawa.

«On est fort préoccupé par cette possibilité de suppression de postes, d’autant plus qu’on fait des démarches pour réaffirmer l’importance du consulat dans les collaborations et les échanges entre l’Acadie et la France.»

Les compressions pourraient être une première étape vers une fermeture complète du Consulat général de France dans les Provinces atlantiques à Moncton, selon M. Lubrina.

«On s’en va vers une régression de plus en plus marquée. Il y a six ans, on avait un consul général adjoint, mais le poste a été supprimé, et d’autres postes ont été supprimés.»

D’ailleurs, l’ancien vice-consul, Damien Dauphin, a souligné que l’élimination des services de passeport à Moncton aura un impact particulier sur les Français qui habitent dans le Sud-Est et les environs.

«Les Français du sud-est du Nouveau-Brunswick sont ceux que ces compressions vont affecter, car c’est la fin de leur confort.»

«Pour ceux qui habitent plus loin, par exemple Edmundston ou Dartmouth, cela ne change rien, car ils doivent déjà faire de longs trajets. Un passeport vaut-il la peine que l’on dépense le prix de deux aller-retour en avion à Montréal. Absolument pas. “Devenez Canadiens !” Tel est le message que la France adresse à sa communauté expatriée.»

La présidente de l’Association française du Nouveau-Brunswick, Anne-Lise Blin, a aussi réagi à l’annonce dans un message Facebook.

«Plus aucun service ne sera offert au Consulat de France des provinces atlantiques. Nous gardons un simple consulat d’influence», dénonce-t-elle.

Environ 1000 Français des Provinces maritimes sont inscrits aux listes consulaires du bureau de Moncton.

L’Acadie Nouvelle a tenté de joindre, par téléphone et par courriel, le Consul général de France dans les Provinces atlantiques, Vincent Hommeril. Nous n’avons cependant pas réussi à obtenir ses réactions avant l’heure de tombée.