«En enlevant Sheila de Tracadie, on se trouve avec une perte d’identité»

Il y a 23 ans, les anciennes municipalités de Tracadie et de Sheila fusionnaient et deviennent une seule entité: Tracadie-Sheila. En juillet 2014, une nouvelle municipalité régionale de 16 000 habitants voit le jour. Elle prend le nom de Tracadie. Des résidants de l’ancien secteur de Sheila regrettent la disparition du nom de leur communauté.

Des travaux d’entretien sur un château d’eau situé dans le cœur de la communauté ont relancé le débat. La structure arborait jusqu’à tout récemment le nom de Sheila. Le nom a été effacé et remplacé avec le logo de la municipalité régionale.

Selon la municipalité, des travaux d’entretien étaient nécessaires et le nouveau logo a été ajouté en même temps. Éventuellement, le même logo sera ajouté sur un deuxième château d’eau dans le secteur de Tracadie.

Un jour cet été, Denis Losier, un résidant de longue date, a toutefois été surpris de voir des ouvriers repeindre la tour en blanc.

«Je pense que ç’a été la bougie d’allumage qui a réveillé les gens. C’était un symbole qui représentait beaucoup. Du jour au lendemain, la tour est devenue blanche», dit-il.

Un comité a été formé dans la communauté de Sheila afin de revendiquer l’installation de pancartes aux limites de l’ancienne municipalité qui souhaitent la bienvenue chez eux.

«Les anciens DSL ont pu conserver une partie de leur identité. À Saumarez, à Rivière-du-Portage et ainsi de suite, il y a des pancartes. Mais en enlevant Sheila de Tracadie, on se trouve avec une perte d’identité.»

Le groupe ne s’oppose pas forcément au regroupement de la Ville de Tracadie-Sheila avec 18 DSL. Il déplore simplement l’absence d’un processus de consultation lorsqu’il a été le temps de choisir un nom pour la nouvelle entité de 16 000 habitants, explique Denis Losier.

«On considère que ça n’a pas été fait de la bonne façon.»

Les élus municipaux ont voté en faveur du nom de Tracadie en septembre 2014. Les opposants étaient invités à faire parvenir une lettre à la municipalité. Six lettres ont été reçues par la Ville.

Mais pourquoi les gens de Sheila tiennent-ils tant à conserver une partie de leur héritage ?

«Si demain, on m’annonce que je m’appelle Mathieu, ça va me déranger. Ça fait 52 ans que je m’appelle Denis. C’est un peu la même chose. Il y a une fierté d’être de Sheila. Il y a 23 ans, Tracadie avait 4800 personnes, mais il n’y avait pas d’aréna, de piscine ou de club de curling. Ce sont les bénévoles de Sheila qui ont réussi à faire de grandes choses.»

Le parc de Sheila ?

Le maire de Tracadie, Aldéoda Losier et un groupe de conseillers municipaux ont rencontré des citoyens de Sheila en début de semaine.

Rien n’a vraiment changé en réalité, dit le maire Losier, car la partie urbaine de la Municipalité régionale de Tracadie s’appelle toujours Tracadie-Sheila.

«Quand tu arrives dans le secteur de Tracadie-Sheila, les pancartes souhaitent la bienvenue à Tracadie-Sheila. L’une des entités de la municipalité régionale de Tracadie s’appelle Tracadie-Sheila.»

Pour apaiser les préoccupations, le conseil municipal planche sur différentes idées qui permettraient de refléter l’héritage de Sheila.

La Ville prévoit par exemple d’aménager un parc dans le secteur. Il pourrait s’appeler le parc de Sheila.

Des panneaux d’interprétation avec l’histoire de la communauté seraient installés. On pourrait aussi faire un clin d’oeil à Sheila en renommant un ancien tronçon de la rue Principale qui aboutit aujourd’hui à un cul-de-sac.