Du boulot pour des personnes ayant un handicap

Louis Mallet, de Saint-Simon, est jeune, intelligent et détient un baccalauréat en traduction. Il était l’une des nombreuses personnes à participer au premier Salon de l’emploi pour personnes ayant un handicap dans la Péninsule acadienne.

Une douzaine d’employeurs de la région était présent à cet événement qui s’est déroulé à Tracadie.

Louis Mallet est travailleur indépendant et décroche des contrats de pigiste. Il est aussi atteint de dystrophie musculaire et se déplace en fauteuil roulant. Il souhaite se trouver des clients ou peut-être même un poste stable dans son domaine.

«On ne sait jamais. Je suis venu pour faire du réseautage et peut-être trouver de nouveaux clients qui ont besoin de services en traduction et ainsi de suite. Il y a peut-être un employeur qui a besoin d’un traducteur dans la Péninsule acadienne. La plupart des emplois en traduction sont avec le gouvernement à Fredericton ou à Moncton», dit-il.

Ailleurs dans la salle, Allain, qui ne souhaitait pas donner son nom de famille, s’est blessé gravement dans un accident de moto en 2003. Il ne s’est jamais complètement remis de ses blessures. Comme plusieurs Acadiens, il est parti travailler en Alberta, mais la vie dans l’Ouest s’est avérée plus difficile que prévu. Il ne travaille plus depuis 2013.

Au Salon de l’emploi, il a rencontré des responsables de la Coopérative de solidarité en recyclage et intégration à l’emploi. L’entreprise a une double mission. Elle s’occupe d’abord du tri des matériaux recyclables dans la Péninsule acadienne. Ensuite, elle permet à des gens atteints d’un handicap de gagner un salaire.

Entre 15 à 25 personnes y travaillent selon la période de l’année, explique Ghislain Doiron, directeur général de la Coopérative.

«Environ 90 ou 95 % de nos employés ont un handicap soit physique ou intellectuel», dit-il.

La formule connaît un grand succès.

«Notre main d’œuvre est excellente. Les employés sont efficaces et performants. J’ai des employés qui n’ont pas pu avoir de chance ailleurs et ils sont venus travailler dans la coopérative. Il y en a qui arrivent 45 minutes avant le début de leur journée de travail et ils sont prêts à travailler.»

Annie Chiasson Doiron, coordonnatrice de l’événement et directrice générale de Vie autonome Péninsule acadienne, dresse un bilan positif du premier salon. Douze employeurs étaient installés derrière des tables et une autre dizaine est venue rencontrer des gens à la recherche d’un emploi, souligne-t-elle.

«Plusieurs nous ont dit qu’ils vont nous contacter lorsqu’il y a aura des postes disponibles chez eux.»

Vie Autonome Péninsule Acadienne songe déjà à organiser un deuxième salon de l’emploi en 2016.

«Il y a douze employeurs aujourd’hui, mais l’important c’est le nombre d’emplois qui ont été comblés et les contacts que les gens se font. L’important est que tout le monde se trouve un emploi.»