Les couteaux volent bas entre Valcourt et Arseneault

Alors que la campagne électorale fédérale bat son plein, le ministre conservateur sortant, Bernard Valcourt, ne se gêne pas pour tirer quelques flèches à l’endroit du gouvernement de Brian Gallant.

En entrevue à l’Acadie Nouvelle, l’actuel candidat n’a pas mâché ses mots à l’endroit de ses homologues libéraux provinciaux.

Selon ce dernier, plusieurs emplois tarderaient à voir le jour dans la province en raison des politiques du gouvernement Gallant, frileux à exploiter ses ressources naturelles. «On n’a pas mis le Nouveau-Brunswick en tutelle. On ne peut pas tout blâmer sur le gouvernement fédéral. Le gouvernement provincial a sa part de responsabilité pour la situation dans laquelle il se trouve. Il doit se prendre des décisions importantes ici, et des moratoires ce n’est pas du tout à l’avantage de notre province. On ne gère pas à coups de moratoire. J’espère que la province va prendre les mesures qui s’imposent pour revigorer l’exploitation de nos ressources naturelles», note le candidat, faisant notamment référence à la décision du gouvernement provincial dans le dossier du gaz de schiste.

Le candidat déplore également d’une part la hausse des dépenses du gouvernement et de l’autre, une vague de compressions faites «sans plan ni réelle vision». «Le meilleur exemple est d’ailleurs ici même dans ma circonscription, à Saint-Quentin, alors qu’on coupe un bureau de Service NB qui fonctionnait pourtant très bien et qui rapportait beaucoup à la province. Les gens doivent maintenant se rendre à Kedgwick pour obtenir leurs licences et leurs documents. Cela a un impact direct sur la productivité des travailleurs et des entrepreneurs.»

«Si un gouvernement veut être sérieux dans sa stratégie économique et de création d’emplois, il ne prend pas des mesures qui affectent le développement d’une région qui contribue autant à la province. Et tout ça pour épargner 67 000 $. Dans le fonds, ce qui s’est passé ici est purement de la petite politique. Et ce n’est pas en faisant de la politicaillerie comme le fait le gouvernement Gallant que l’on va assurer le développement de notre province», exprime M. Valcourt.

Pas de leçon à recevoir

Ce discours hostile à l’endroit du gouvernement Gallant – et répété depuis quelque temps par le conservateur – ne passe pas inaperçu par les troupes libérales provinciales. Il commence même sérieusement à en irriter plusieurs, à commencer par le ministre Donald Arseneault qui partage sa circonscription avec M. Valcourt.

«Pour être bien honnête, j’en ai marre de ces commentaires, de cette attitude arrogante», exprime M. Arseneault, accusant le conservateur de vouloir faire diversion.

«Attaquer nos politiques et notre bilan est une façon d’éviter de parler de son propre bilan dans la région, de ses réalisations dans sa circonscription depuis le début de son mandat. Ça, il n’en parle pas, parce qu’il sait que sa liste n’est pas longue», soutient M. Arseneault.

«Il y a presque deux ans, c’est lui qui a fait miroiter Zenabis à la région. Qu’est-ce qu’il a fait dans ce dossier à part dire qu’il ne pouvait rien faire? Où était-il lorsque le port de Dalhousie a frappé à sa porte pour des fonds? Pour les canons à neige au parc Sugarloaf? Le fédéral n’était tout simplement pas présent à la table pour notre région. C’est dossier après dossier après dossier.»

«Depuis que nous sommes au pouvoir, nous avons annoncé pour près de 44 millions de $ en projet dans Campbellton-Dalhousie, dont une nouvelle école et un centre de traitements pour jeunes à besoins spéciaux. Au même moment, le fédéral a investi à peine 2 millions $. Bernard Valcourt n’a donc aucune leçon à nous donner en matière d’investissements et de développement économique», indique le ministre.

Bien que froissé par les propos du candidat, celui-ci maintient tout de même avoir des relations cordiales avec ce dernier. «Je n’ai jamais eu de grandes difficultés à travailler avec lui. Mais de le voir faire ces sorties publiques contre notre gouvernement depuis quelque temps, ça fatigue. Je crois que c’est davantage un réflexe de survie politique. Son poste est en danger alors il tente le tout pour le tout afin d’aller chercher des votes», dit-il. n