Les candidats parlent d’emploi et d’assurance-emploi

La création d’emploi, l’assurance-emploi et l’investissement dans l’économie rurale sont les priorités des candidats dans la circonscription Beauséjour pour l’élection fédérale de 2015.

Infirmière depuis près de 30 ans, Hélène Boudreau, la candidate du NPD, a siégé en tant que conseillère pour Dieppe de 2008 à 2012.

Elle a fait le saut en politique provinciale en 2014 en se présentant en tant que candidate dans la circonscription de Memramcook-Tantramar sous la bannière du Nouveau Parti démocratique. Elle espère aujourd’hui devenir députée fédérale pour la circonscription de Beauséjour.

Pour elle, la prospérité économique de la circonscription passe par la création d’emploi et l’accès à l’assurance-emploi.

«Nous voulons investir dans les petites et moyennes entreprises pour réduire le taux de chômage, mais aussi pour favoriser l’accès aux prestations d’assurance-emploi. Je comprends qu’il y a beaucoup d’emplois saisonniers dans la région, dans le tourisme, dans la pêche.»

La candidate rappelle que le NPD a promis de faire passer le seuil d’admissibilité aux prestations à 360 heures, tout en supprimant le seuil de 910 heures nécessaires pour les nouveaux travailleurs.

«Il faut être à l’écoute de la population, et c’est ce que je fais.»

La priorité est tout autre pour le candidat du Parti vert. Récemment diplômé en technologie du génie civil, Kevin King rêve de bâtir des maisons écologiquement responsables. C’est son passage au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick qui a éveillé en lui un désir de changement.

Il estime que le pays fait fausse route en politiques économiques, et qu’une crise environnementale pend au nez des Canadiens.

«Il faut axer notre économie sur de nouvelles méthodes, sur des technologies modernes, pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Si l’on tarde à agir, nous allons atteindre un point de non-retour. Il faut agir maintenant.»

Kevin King indique que le Parti vert va investir des milliards de dollars en fonds pour l’amélioration des infrastructures rurales, de manière à désengorger les centres urbains, sources de plusieurs maux.

«Des infrastructures pour l’eau, la collecte des déchets, l’internet haute vitesse -parce que c’est une nécessité aujourd’hui. Nous n’avons plus besoin d’acheter de l’énergie parce que nous pouvons la produire. Chaque maison et bâtiment peut s’autosuffire. Il suffit de faire les investissements nécessaires.»

La candidate conservatrice se dit familière avec la réalité économique rurale Beauséjour. Ann Bastarache a grandi dans le village de Saint-Antoine, un petit village dans le comté de Kent.

Sa demeure familiale a servi de foyer d’accueil pour de nombreux enfants, dont les parents n’avaient pas toujours les moyens financiers nécessaires pour s’en occuper. C’est pourquoi elle souhaite créer de l’emploi et diminuer la période d’attente des travailleurs avant de recevoir les prestations d’assurance-emploi.

«Ce sont six à huit semaines pendant lesquelles cette personne n’a pas de revenu parce qu’elle attend son chèque de prestation.»

Elle souligne que les emplois saisonniers font partie du paysage économique de la région, et qu’il faut mieux encadrer l’aide financière fournie aux travailleurs.

«Si une personne est employée à temps saisonnier et que ça fait dix ans qu’elle travaille dans les usines de transformation, elle devrait avoir accès à ses prestations plus rapidement. Le gouvernement est capable de voir qui sont les gens qui tentent d’abuser du système.»

Quant au candidat libéral Dominic Leblanc, c’est la création d’emplois qui doit être mise de l’avant. Fils de l’ancien gouverneur général du Canada, Roméo LeBlanc, le député sortant de Beauséjour tente de conserver son siège pour une cinquième fois, après avoir été élu pour la première fois en 2000.

Il est un habitué de la politique fédérale canadienne.

«Il y a une réalité urbaine et rurale, mais le sud-est du N.-B., dans une certaine mesure, est une unité économique. Si demain, le gouvernement provincial annonce 1000 emplois dans le parc industriel de Dieppe, beaucoup de gens des villes et villages environnants vont travailler là.»

Il estime que la clef réside dans un investissement important dans des infrastructures clefs dans la province.

«Nous allons investir immédiatement des dizaines de milliards de dollars de plus que les conservateurs et le NPD dans les infrastructures. L’élargissement de la route 11 à quatre voies jusqu’à Miramichi, par exemple. Nous sommes les seuls qui auront le cadre budgétaire pour faire un tel projet.»

UNE FORTERESSE LIBÉRALE

La circonscription de Beauséjour est une véritable forteresse libérale. Ses électeurs ont presque exclusivement choisi des candidats libéraux depuis sa création en 1987, à la suite de la fusion du comté de Westmorland et Kent.

Le député sortant, Dominic LeBlanc, tente de se faire réélire pour une cinquième fois consécutive.

Après avoir subi une défaite à sa première tentative en 1997 (par 2000 voix) aux mains de la néo-démocrate Angela Vautour (la seule à briser le règne des rouges), il est ressorti victorieux en 2000, puis chaque fois depuis. Son taux d’appuis est toutefois en baisse constante après avoir atteint un sommet en 2004.

Il a obtenu 47,1 % des suffrages en 2000, 53,3 % en 2004, 47,54 % en 2006, 46,8 % en 2008, puis 39,1 % en 2011.

Trois candidats luttent maintenant pour détrôner Dominic LeBlanc: la néo-démocrate Hélène Boudreau, la conservatrice Ann Bastarache, et le vert Kevin King.

Beauséjour est composée d’un vaste territoire s’étendant de Saint-Louis-de-Kent jusqu’au pont de la Confédération. La circonscription est majoritairement rurale, mais possède une composante urbaine depuis le redécoupage électoral entamé en 2012.

Une section de l’est de Dieppe est alors passée de la circonscription Moncton-Riverview-Dieppe à Beauséjour.

Jean Chrétien, député québécois, a été parachuté dans Beauséjour en vue des élections de 1990. Le premier ministre et chef du Parti libéral du Canada en devenir souhaitait assurer son retour dans l’arène politique. C’est lui qui a signé l’entente pour la création du Parc national de Kouchibouguac en 1979, alors qu’il était ministre des Affaires indiennes et du Nord canadien.

La zone de conservation accueille maintenant plus de 160 000 visiteurs par année.

Bon nombre de travailleurs œuvrent dans les secteurs du tourisme et de la pêche (sur les bateaux et dans des usines de transformation de poisson). Le taux de chômage élevé (12 %) dans la circonscription est tributaire de la forte présence d’emplois saisonniers, faisant de l’assurance emploi une préoccupation.

Ce n’est pas un hasard si le présent chef des libéraux, Justin Trudeau, était de passage à Bouctouche le mois dernier pour promettre la bonification du programme d’assurance-emploi s’il accède au pouvoir.

Selon les données les plus récentes de Statistique Canada, la composante linguistique de la région est majoritairement francophone. Près de 50 000 personnes ont indiqué le français comme leur langue maternelle sur une population totale de plus de 80 000. L’âge médian est de 45,2, plus élevé que celui de la province chiffré à 43,7.