Les élèves de Caraquet pratiquent l’ultime geste démocratique, le vote

S’il n’est pas pris en compte dans les résultats finaux aux élections fédérales, le vote des élèves a pour vocation de sensibiliser les jeunes à la politique et de les inciter à se rendre aux urnes quand ils seront en âge de le faire. L’initiative fonctionne, exemple à la Polyvalente Louis-Mailloux, à Caraquet.

La cafétéria de la Polyvalente Louis-Mailloux à Caraquet s’est transformée en bureau de vote, mardi après-midi.

Des isoloirs et une urne à l’effigie d’Élections Canada, des bulletins sur lesquels étaient inscrits le nom des quatre candidats en lice dans la circonscription Acadie-Bathurst, des superviseurs pour s’assurer que le vote se déroule sans fraude… Toutes les conditions d’un suffrage réel étaient réunies.

Plus de 400 élèves, de la 9e à la 12e, année étaient invités à s’exprimer.

«Les statistiques montrent que les 18-35 ans sont ceux qui votent le moins. Cette élection étudiante est une manière de les sensibiliser à la politique et de les inciter à aller voter quand ils seront en âge de le faire», explique Gaston Hachey.

Cela fait plusieurs semaines que cet enseignant en sciences humaines, droit, histoire et économie et ses collègues préparent les adolescents à ce vrai-faux rendez-vous électoral.

«En cours, nous avons étudié l’histoire du droit de vote à travers le monde, décrypté les enjeux de la campagne, etc. Cela a aussi eu des répercussions en cours de statistiques. Il y a un profond intérêt pédagogique.»

En 2011 déjà à l’occasion de la précédente élection fédérale, l’établissement avait participé à cette initiative proposée par Élections Canada.

Gaston Hachey reconnaît que la politique n’est pas la principale préoccupation des jeunes — «Il y aura toujours un travail à faire pour la leur rendre intéressante», pense-t-il —, mais il constate une plus grande curiosité cette fois-ci de la part de ces apprentis électeurs.

«Ils s’informent davantage.»

Certains élèves ont abordé cette élection factice comme un jeu, basant leur intention de vote en fonction du physique du candidat et de son capital de sympathie. D’autres l’ont prise au sérieux.

Samuel Gaudet, 16 ans, a décortiqué les discours des prétendants à la députation. Il s’est intéressé à leurs idées en faveur des jeunes.

«On est les oubliés de cette campagne. Parce qu’on ne vote pas, ils ne nous promettent rien», regrette-t-il.

L’abaissement de l’âge légal pour voter serait, selon lui, une bonne chose et pourrait avoir des conséquences. Sur ce point, Valérie Gionet, 17 ans, est plus mitigée.

«Avoir le droit de vote à 16 ans, je suis pour et contre, hésite-t-elle. Oui, si les jeunes reçoivent une des cours sur la politique; non, si c’est pour voter pour n’importe qui et sans raison valable.» On ne badine pas avec la démocratie.

Les résultats de l’élection de mardi à la polyvalente seront analysés, mais tenus secrets jusqu’au 19 octobre pour éviter tout risque d’influence.

Le vote étudiant est organisé à l’échelle du pays. Il concerne cette année un demi-million d’élèves répartis dans 5000 écoles à travers les 338 circonscriptions canadiennes.

En 2011, les choix des jeunes étaient, à plus ou moins 3 %, conformes à la réalité.