Industrie navale: des indices pointent vers une relance [vidéo]

La relance de l’industrie navale dans la Péninsule acadienne est bien entamée, croit Jean-Pierre Robichaud, directeur de projet chez Construction Navale Atlantique. Près d’un an et demi après le lancement d’un premier homardier, l’entreprise de Bas-Caraquet est en train d’achever la construction d’une deuxième embarcation.

Le Jean Cristelle, premier homardier de la série C. Robitaille 45, a été dévoilé au grand public au printemps 2014. Construction Navale Atlantique a l’intention de terminer la construction d’un deuxième bateau avant la fin de l’année pour un client de la Gaspésie.

Le homardier est presque identique au Jean Cristelle, souligne Jean-Pierre Robichaud, mais le client a demandé qu’il soit allongé de cinq pieds. Il passe d’une longueur de 45 pieds à 50 pieds.

Construit selon les normes de Transports Canada, le premier bateau de la série C. Robitaille 45 a été conçu en fibre de verre. Il comprend une cale de 11 mètres cubes et un pont de travail de 40 mètres carrés permettant de stocker jusqu’à 300 trappes de 48 pouces.

La carène a aussi été conçue pour assurer une stabilité dans les vagues et mieux affronter de mauvaises conditions en mer. Avec son moteur d’une force de 430 chevaux, il peut atteindre une vitesse de 20 nœuds et peut être utilisé jusqu’à 200 milles nautiques des côtes.

L’entreprise prévoit aussi de commencer la construction d’un crabier d’une longueur de 55 pieds et d’une largeur de 22 pieds sous peu et planche actuellement en collaboration avec une entreprise française basée à Marseille sur le développement d’un vaisseau d’une longueur de 65 à 70 pieds.

Selon M.Robichaud, les étoiles sont bien alignées pour l’industrie navale dans la Péninsule acadienne. Plusieurs pêcheurs de l’Atlantique songent à renouveler leur équipement.

«Plusieurs crabiers ont 30 ans, 40 ans et parfois même 50 ans. Ils ont été réparés plusieurs fois, mais nous arrivons à un bon moment où les bateaux ont besoin d’être remplacés.»

Ces projets permettent aux représentants d’atteindre l’un de leurs objectifs: la création d’emplois dans la région.

«Il y a un cours d’assemblage de matériaux composites qui est offert au CCNB. Ça nous aide à trouver une main-d’oeuvre locale. Notre but est de créer des emplois dans la Péninsule et de garder les gens ici pour qu’ils ne soient pas obligés d’aller ailleurs.»

Jean-Pierre Robichaud est bien apte à parler de cette réalité. Après ses études secondaires, il est parti étudier à Ottawa. Il a ensuite oeuvré dans le domaine de la construction pendant 18 ans à Toronto. Dès sa première journée à Ottawa, son objectif était de travailler sans relâche afin de revenir un jour dans sa région natale.

Quelques jours après l’élection, il espère rencontrer le nouveau député libéral d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier, pour parler des projets de développement. Les deux hommes ont déjà beaucoup en commun, souligne-t-il.

«Notre but est de faire du développement et de créer des emplois. Lui aussi veut faire du développement et créer des emplois.»

Confusion

M. Robichaud est bien conscient de quelques problèmes financiers qui doivent être réglés par le Centre naval du Nouveau-Brunswick, l’organisme qui gère les infrastructures du chantier naval de Bas-Caraquet.

Des entreprises du nord de la province se sont récemment plaintes du fait qu’elles n’avaient pas encore touché des honoraires pour des travaux effectués au Centre naval du Nouveau-Brunswick.

Mercredi après-midi, John Porter, propriétaire de l’entreprise Spec 5 Services, attendait toujours 43 000 $ pour des travaux effectués en début d’année, a confirmé l’entrepreneur de South Tetagouche.

Au total, le Centre naval doit environ 1,5 million à trois entreprises du nord de la province.

Un reportage réalisé récemment par Radio-Canada Acadie à ce sujet a toutefois semé la confusion. Des images ont été tournées à l’intérieur des installations de Construction Navale Atlantique, à ne pas confondre avec le Centre naval du Nouveau-Brunswick, prévient M. Robichaud.

«Nous sommes locataires d’un bâtiment qui appartient au Centre Naval. Nous sommes une entité séparée. Lundi matin, j’ ai dû répondre à plusieurs appels. J’ai dû appeler mes fournisseurs et rassurer mes clients. Nous n’avons pas de problèmes financiers ici. L’entreprise va bien. Nous avons plusieurs contrats.»

Les questions financières du Centre naval ont eu un impact indirect sur les affaires de l’entreprise, précise M.Robichaud.

«Quand on a pris possession de l’édifice, il y avait des choses qui n’étaient pas encore terminées. Certains sous-traitants attendent leur argent avant de poursuivre.»

L’Acadie Nouvelle a tenté de joindre le président du conseil d’administration du Centre naval, Michel Beaudry, mais sans succès. La semaine dernière, il a souligné que le dossier sera réglé sous peu. Une rencontre doit avoir lieu vendredi à Fredericton.

La mairesse de Bas-Caraquet, Agnès Doiron, n’a pas souhaité commenter davantage à ce sujet.