Caraquet marque la déportation de Beaubassin

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’histoire de l’Acadie, le 27 octobre 1755, ne signifie pas grand-chose. La date marque pourtant un moment triste dans l’histoire de la Déportation des Acadiens, soit le départ de Beaubassin de dix navires anglais qui transportaient des Acadiens déchus.

 

Le triste anniversaire a été souligné mardi soir à Caraquet, devant le monument de l’Odyssée, installé sur le site de Sainte-Anne-du-Bocage. L’événement a été mis sur pied par la Société internationale Véritas Acadie.

La grande majorité des Acadiens capturés ce jour là ont été déportés en Caroline du Sud et en Caroline du Nord. D’autres ont été transportés jusqu’en Georgie.

Des élèves de la Polyvalente Louis-Mailloux ont lu l’intégralité du Manifeste Beaubassin, publié pour la première fois le 25 octobre 2002 dans l’Acadie Nouvelle. Le texte vise à réinterpréter les faits officiels du Grand Dérangement, et souligne que les Acadiens et Acadiennes ont survécu aux horreurs d’un génocide et d’un nettoyage ethnique.

«C’est une réinterprétation de l’histoire officielle de la Déportation qui ne mentionne pas toujours beaucoup de choses. Il évite ce dont il ne peut pas mentionner. Notre mission est de faire connaître la vraie histoire acadienne et la Déportation telle qu’elle est arrivée. Ce n’est pas beau à dire, mais il faut le faire pour s’en rappeler et ne pas répéter les mêmes erreurs», explique David Le Gallant, président de la Société internationale Véritas Acadie.

Plusieurs mythes entourant les événements de 1755 persistent aujourd’hui, souligne David Le Gallant.

«On dit souvent que c’est la faute à Charles Lawrence (lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse), mais il n’était qu’un pion parmi plusieurs.»

Selon M. Le Gallant, les procès verbaux du 28 juillet 1755 prouvent que plusieurs étaient derrière la décision.

«On dit clairement qu’il faut prendre les mesures pour déporter les Acadiens, tel que cela a été décidé d’avance. Le fils du roi Georges II a lui-même fomenté la Déportation. La famille royale était partie prenante dans tout ça.»

Jane Lanteigne et Angélique Gallien figurent parmi les élèves de la Polyvalente Louis-Mailloux qui ont participé à l’événement. Les deux jeunes femmes étaient surprises d’apprendre certains faits historiques qui demeurent toujours obscurs.

«J’ai appris des nouvelles choses sur l’Acadie. J’ai vraiment été étonnée de certains faits. Je ne savais pas que nous avions été éliminés de cette manière. Je trouve ça intéressant de savoir ce qui s’est passé», dit Jane Lanteigne.

L’événement a été suivi du lancement de la 4e édition de la revue Véritas Acadie, publiée annuellement. Pour marquer le 260e anniversaire de la Déportation, la revue comprend des faits inédits sur l’histoire des événements de 1755.