Services: Saint-Quentin fort peu disposé à faire des concessions

En attente du dénouement dans le dossier de la fermeture de sa succursale de Service NB, la communauté de Saint-Quentin entend concentrer ses efforts dans la sauvegarde de ses deux établissements scolaires.

Quelque 200 citoyens de Saint-Quentin ont répondu, mardi soir, à l’invitation du conseil municipal de l’endroit ainsi que du comité de sauvegarde des services. Cette rencontre publique visait à livrer aux citoyens un compte-rendu de l’avancement des différents dossiers.

Contrairement à la dernière rencontre du genre, les porte-parole avaient cette fois une bonne nouvelle à annoncer à la foule, soit une première victoire dans la bataille visant à annuler la décision ministérielle de fermer la succursale locale de Service NB.

Plus tôt en journée, la juge Lucie Lavigne avait en effet rejeté une motion de l’avocat de la province qui tentait de faire avorter la contestation judiciaire en raison d’un élément technique (délai trop long du dépôt de l’avis de révision). Ce faisant, la municipalité pourra plaider sa cause de long en large le 15 décembre.

«On veut vraiment garder la population alerte et informée de tous nos dossiers. On veut qu’elle demeure engagée et obtenir son appui pour poursuivre nos luttes», confie la mairesse de Saint-Quentin, Nicole Somers, notant l’importance de garder la population bien motivée et mobilisée.

En mode «attente» dans le dossier Service NB, le comité s’attaque maintenant de plein fouet à un autre enjeu sensible dans la communauté, soit le sort réservé à l’école primaire Mgr Martin et à la polyvalente A.-J. Savoie (PAJS).

C’est que cette dernière fait partie des écoles identifiées pour une révision (politique 409 du gouvernement) puisque son taux d’occupation serait inférieur à 30%, une donnée que le comité met en doute.

Une rencontre avec les intervenants du district scolaire est d’ailleurs prévue avec les parents et la communauté. Ceux-ci ont été fortement invités à rejeter tout scénario qui comporterait des fermetures d’établissement et des regroupements. Le mot d’ordre lancé à tous: protéger les acquis.

«Le message est clair pour le comité, et la communauté l’a aussi dit ce soir, on ne touche pas aux écoles. Il n’est pas question qu’on accepte autre chose que le statu quo», martèle Mme Somers.

«On ne veut pas de regroupement. Notre école primaire est pleine et une fois que les calculs auront été faits à la PAJS, je suis certain qu’on va se rendre compte que son taux d’occupation est en réalité bien au-delà de 30%. Pour nous alors, le maintien de nos deux écoles en pleinement justifié», explique-t-elle, estimant du coup que le district et le gouvernement n’ont pas à proposer de scénarios de regroupement à la communauté.

Celle-ci estime également que la Ville connaît un essor économique, ce qui pourrait mener à un accroissement prochain de la population. «On va s’asseoir sous peu avec les gens de l’industrie afin de mettre en place une politique incitant les gens à venir s’installer ici. Dans notre vision à long terme, on voit notre communauté grandir, tant au niveau de la population qu’au niveau économique. Le regroupement des écoles ne cadre donc pas avec cette vision», ajoute Mme Somers.

Les consultations publiques concernant la  PAJS auront lieu pour les parents le 3 novembre et le lendemain pour la communauté.

La communauté de Saint-Quentin est invitée à afficher clairement ses couleurs dans les dossiers de l'éducation, de la santé et des services. Une pétition circule notamment pour exiger le maintient des deux écoles de la ville. - Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert
La communauté de Saint-Quentin est invitée à afficher clairement ses couleurs dans les dossiers de l’éducation, de la santé et des services. Une pétition circule notamment pour exiger le maintient des deux écoles de la ville. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

Santé: rassurée et craintive à la fois

La mairesse de Saint-Quentin, Nicole Somers, se dit soulagée par les propos du PDG du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, comme quoi aucun service d’urgence ne devrait cesser de fonctionner d’ici les prochains mois dans le réseau.

«C’était une grande inquiétude pour nous», indique-t-elle.

Le soulagement était également palpable au niveau de l’industrie.

«Il y a tellement de gens qui travaillent ici en forêt comme en usine. Ça roule pratiquement 24 heures sur 24, sept jours sur sept, soutient Marc Beaulieu, homme d’affaires et président de la Chambre de commerce de Saint-Quentin.

«On est à une heure d’un hôpital régional, à l’Est comme à l’Ouest (Edmundston et Campbellton). C’est donc une question de sécurité essentielle. On a besoin d’un hôpital de stabilisation comme le nôtre sinon on risque se retrouver avec des cas de morts sur la conscience», dit-il.

Reste toujours une certaine crainte par contre, soit celle de voir des lits être amputés à l’hôpital local, l’Hôtel-Dieu-Saint-Joseph, qui en compte actuellement six.

«On espère que, s’il doit y avoir des lits de coupés, ça se fera ailleurs dans notre zone, à Edmundston par exemple. Il n’y a qu’eux vraiment qui peuvent se permettre de perdre quelques lits», estime Mme Somers.

Des efforts qui rapportent

La révision judiciaire qui va de l’avant et l’annonce du maintien des urgences… Deux bonnes nouvelles dans une seule journée pour la communauté de Saint-Quentin qui se bat depuis quelques mois pour le maintien de ses acquis. Pure chance ou efforts qui commencent à porter des dividendes?

«Je crois qu’il y a là un peu de chance, mais que c’est surtout le résultat d’un travail acharné de la part de notre population pour sauver ce qui lui revient de droit», exprime Marc Beaulieu, président de la Chambre de commerce de Saint-Quentin.

«Ce serait dommage que l’on ait la perception que notre région est en train de mourir et que notre population ne fait que chialer alors que pourtant, notre économie est dynamique et que l’on fournit amplement notre part au reste de la province grâce justement à nos ressources et à notre activité économique. On n’est pas des quêteux. Ce que l’on demande, c’est ce qu’on mérite. Quand j’entends dire qu’on est un poids, que le nord de la province est un boulet à l’économie provinciale, ça me met hors de moi puisque c’est complètement faux », dit-il.

Toujours revendiquer le statu quo partout n’est-il pas quelque peu risqué par contre ?

«Ce que l’on demande surtout, c’est d’être écouté, de participer aux décisions», précise-t-il, se gardant bien toutefois de ne pas vouloir faire sa part pour aider à régler les défis budgétaires de la province.