Pénurie d’autos-injecteurs au Nouveau-Brunswick

Le rappel la semaine dernière de tous les lots d’Allerject (auto-injecteurs d’épinéphrine 0,15 mg/0,15 ml et 0,3 mg/0,3 ml) sur le marché canadien commence à se faire ressentir au Nouveau-Brunswick.

 

L’entreprise Sanofi-aventis Canada a effectué ce rappel en raison de problèmes qui pourraient empêcher le dispositif de fournir la quantité nécessaire du médicament, l’épinéphrine.

L’EpiPen, le seul autre produit sur le marché servant au traitement des réactions allergiques graves, commence à se faire rare sur les tablettes des pharmacies néo-brunswickoises. À certains endroits, le produit est même carrément introuvable.

«Nous sommes complètement à sec», a admis sans détour Isabelle Thériault, pharmacienne au Shoppers Drug Mart de Caraquet, lorsque jointe jeudi par l’Acadie Nouvelle.

La pharmacie a indiqué avoir communiqué avec tous ses clients utilisateur de l’auto-injecteur lors du rappel afin de les aviser de la situation.

«Nos clients ne sont pas trop en panique», a affirmé la pharmacienne, tout en disant ignorer à quel moment le commerce allait recevoir une autre livraison d’autos-injecteurs.

«Il y a des gens qui ont encore leur Allerject, on leur dit de l’utiliser en cas de réaction allergique grave, même s’il y a un problème de dosage, et de se rendre à l’urgence», a expliqué Isabelle Thériault.

La situation n’est guère plus évidente dans d’autres pharmacies de la province.

«On est proche de la fin», a pour sa part indiqué Margot Couturier, pharmacienne-propriétaire du Familiprix Couturier et Williams de Dieppe.

À Grand-Sault, la succursale Jean-Coutu a indiqué jeudi avoir sur ses tablettes une dizaine d’unités d’ÉpiPen, alors que le commerce en a habituellement environ 100.

À cet endroit, comme ailleurs dans une majorité de pharmacies, l’achat d’auto-injecteur est limité pour l’instant à un seul par client, jusqu’à ce que le stock de rechange soit entièrement disponible.

Pfizer Canada, le fabricant d’EpiPen, a déjà expédié aux grossistes les quantités d’EpiPen qu’elle avait en stock afin qu’elles soient mises à la disposition des patients canadiens.

À l’Ordre des pharmaciens du Nouveau-Brunswick, on dit ignorer pour l’instant si le problème d’approvisionnement en auto-injecteurs est répandu partout dans la province.

«L’Ordre n’est pas intimement impliqué lors qu’il est question d’un rappel comme celui-là, car nos membres ne nous rapportent pas nécessairement tout ce qui se passe en pharmacie. Mais ça serait normal qu’il y ait des problèmes d’approvisionnement, puisqu’on essaie de remplacer un demi-million d’Allerject à travers le pays tout d’un coup», a expliqué Sam Lanctin, registraire de l’organisme qui régit et réglemente l’exercice de la pharmacie au Nouveau-Brunswick.

Le réseau de santé Vitalité a pour sa part indiqué ignorer pour l’instant si le problème d’approvisionnement allait toucher ses établissements de santé.

Son porte-parole, Luc Foulem, a affirmé jeudi à l’Acadie Nouvelle que l’organisme s’affairait à effectuer des vérifications à ce sujet.

Le 26 octobre 2015, l’entreprise Sanofi avait reçu 26 rapports de défectuosité du dispositif aux États-Unis et au Canada, sur 2 784 000 unités distribuées en Amérique du Nord.

Au Canada, neuf rapports de défectuosité ont été soumis sur une estimation de 492 000 unités distribuées. Aucun cas de mortalité n’a toutefois été rapporté. n