Énergie Est: un changement qui ne rassure pas les environnementalistes [vidéo]

L’annonce que le futur terminal maritime d’exportation pétrolière de Saint-Jean sera plus important que prévu est loin d’être accueillie à bras ouverts par les environnementalistes du Nouveau-Brunswick.

L’entreprise TransCanada a fait savoir cette semaine qu’elle abandonne l’idée de construire un terminal maritime relié au futur oléoduc Énergie Est. Si le projet d’oléoduc reliant les sables bitumineux de l’Alberta au Nouveau-Brunswick est approuvé, elle ne construira qu’un seul point d’accès aux marchés étrangers, à Saint-Jean.

Le leader du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, craint que ce changement entraîne une augmentation des impacts du projet sur l’environnement.

«Le nombre de gros réservoirs devra augmenter afin d’entreposer le bitume de pétrole dilué supplémentaire. L’augmentation de la pollution et de la circulation de pétroliers dans la baie de Fundy sera une énorme préoccupation pour la communauté de Red Head (tout près de Saint-Jean, où sera construit le terminal)», dit-il.

Le chef des verts est d’avis que la construction d’un oléoduc au Nouveau-Brunswick n’est tout simplement pas souhaitable.

Afin d’appuyer sa position, il reprend les propos tenus par le président américain, vendredi lorsqu’il a annoncé qu’il rejetait le projet Keystone XL. Il s’agit d’un autre projet d’oléoduc piloté par TransCanada.

«Comme le président Obama a dit aujourd’hui, si on veut être des leaders en matière de lutte aux changements climatiques, on ne peut pas approuver de nouvelles grandes infrastructures qui vont entraîner l’augmentation du développement des hydrocarbures.»

Il ajoute qu’il faut commencer à songer sérieusement à la possibilité de ne pas presser les sables bitumineux de l’Alberta jusqu’à la dernière goutte.

«Barack Obama a dit, et je l’ai moi-même dit à de nombreuses reprises, que certains hydrocarbures devront rester dans le sol si on veut éviter les pires conséquences des changements climatiques», dit-il.

La porte-parole du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick (CCNB), Pascale Ouellette, affirme pour sa part que de nombreuses questions demeurent malgré l’annonce de TransCanada.

«On a besoin de plus de réponses, de plus d’informations et plus d’études. On se soucie vraiment du bruit provenant du trafic (et de son effet sur les baleines). Aussi, on a besoin de plus d’information de la part de TransCanada.»

Le CCNB, qui a d’ailleurs longtemps été dirigé par David Coon, veut notamment savoir comment ce projet affectera l’environnement et certaines industries qui emploient déjà des centaines de personnes dans la région.

«Est-ce qu’il va y avoir plus de navires pétroliers qui vont venir à travers de la baie de Fundy, maintenant qu’il ne va y avoir qu’un terminal? Comment ça va affecter les emplois dans les pêcheries et dans le tourisme?»

TransCanada tente de calmer le jeu

En interview avec l’Acadie Nouvelle, jeudi, le porte-parole de TransCanada s’est fait rassurant. Tim Duboyce avait anticipé les préoccupations des environnementalistes.

Il a précisé que la capacité du terminal de Saint-Jean augmentera, mais que cela n’aura aucune conséquence sur l’environnement. Les gens demeurant à proximité ne seront pas affectés davantage, a-t-il promis.

«On peut dire aujourd’hui que des modifications en terme de la capacité de ce parc-réservoir ne changeront pas l’empreinte de l’installation. Ça ne se rapprochera pas des maisons qui sont adjacentes.»

Il dit que des consultations seront menées avec les «parties prenantes et avec les résidents».

Quant à la baie de Fundy, elle n’est pas menacée par le projet Énergie Est, selon ce porte-parole de Transcanada.

Les voies maritimes ont notamment été déplacées il y a quelques années pour ne pas passer par l’habitat des baleines, rappelle-t-il.

«Ces changements feront en sorte que, s’il y a une augmentation du nombre de navires qui entrent et qui sortent, nous avons la confiance que ça peut être fait en tout respect de l’environnement et de l’habitat.» – PRN et MRC

– Avec la collaboration du journaliste Mathieu Roy-Comeau