Lits d’hôpitaux: les changements ne rassurent pas

La nouvelle que le Réseau de santé Vitalité souhaite fermer plus de lits que prévu dans le Restigouche est loin d’inspirer confiance ailleurs dans la province. Plusieurs questions demeurent.

Le réseau francophone a annoncé la semaine dernière à des élus du Restigouche qu’il veut maintenant fermer 25 lits à l’hôpital régional de Campbellton, soit deux fois plus que prévu.

Il vise toujours la fermeture de 99 lits dans l’ensemble de ses établissements, mais la répartition des coupures prévues a changé (voir l’encadré). Cette proposition de Vitalité devra être approuvée par le ministère de la Santé avant d’être mise en oeuvre.

Il faudra prendre son mal en patience avant de savoir quelle sera la décision du ministre, Victor Boudreau. Son porte-parole fait savoir par courriel que le verdict sera rendu «lorsque la révision stratégique sera complétée et que le budget provincial 2016-2017 sera dévoilé», soit au début de 2016.

En entrevue téléphonique avec l’Acadie Nouvelle, le député de Campbellton-Dalhousie et ministre de l’Énergie et des Mines, Donald Arseneault, se fait rassurant.

«Je pense qu’il faut clarifier que c’est seulement une recommandation d’un scénario proposé au gouvernement. Je peux vous dire très honnêtement en date d’aujourd’hui que le cabinet n’a jamais eu de discussion à ce sujet encore», dit-il.

Cela ne l’empêche pas de se poser plusieurs questions sur le plan du Réseau de santé Vitalité. Il remet notamment en question la transmission des informations de la part des gestionnaires du réseau.

Il se dit quand même prêt à «donner une chance au coureur» et croit qu’une rencontre entre les élus régionaux et provinciaux, le Réseau de santé Vitalité et des professionnels de la santé pourrait clarifier les choses.

«C’est bien beau enlever un service du système. Mais ce service est là pour une certaine raison. Est-ce que les soins ont changé? Est-ce que la façon de livrer les soins a changé? Je suis ouvert à avoir cette discussion», dit-il.

Le président de l’organisme Égalité santé en français, le Dr Hubert Dupuis,  a un point de vue nettement plus tranché que celui de Donald Arseneault.

«Nous, on n’est pas pour la fermeture de lits. Nous, on est pour l’augmentation des services. On sait que le gouvernement est parti dans sa maladie de l’austérité. Il veut couper et sauver de l’argent et tout ça», dit-il.

Selon lui, le Réseau de santé Vitalité va carrément dans la mauvaise direction. «Il faut investir dans Vitalité. Il faut investir dans les services médicaux. Ce n’est pas le temps de couper, c’est le temps d’investir.»

Il ne mâche pas ses mots quant à la gestion de ce dossier par le réseau, à qui il reproche de ne pas avoir faire preuve de transparence.

«Vitalité a fait son plan sans parler à personne. Et là, ils essaient de vendre leur plan. Je pense qu’il n’y a pas grand monde qui l’achète. La communauté ne l’achète pas parce que le travail n’a pas été bien fait.»

Ces propos résonnent auprès de la porte-parole du comité Action H, un groupe qui milite pour un meilleur accès aux soins à Caraquet, Louise Blanchard.

«Ils (le Réseau de santé Vitalité) ont décidé et après ils viennent à la population et ils essaient de nous faire croire qu’ils vont nous consulter. Mais je n’y crois pas. Pas du tout.»

Même si les changements apportés au plan de Vitalité font en sorte que la région Chaleur pourrait perdre sept lits de moins que prévu, elle n’est pas rassurée pour autant.

Il est possible de réduire les dépenses sans s’en prendre au nombre de lits, dit-elle. Elle avance que la Péninsule acadienne n’a pas de lits en trop.

«D’après moi, on ne peut pas couper des lits avant de placer les gens qui sont en attente d’un foyer. Dans chaque hôpital, il y a plusieurs personnes qui sont là à attendre. Où on va les placer en attendant? Il faut qu’ils trouvent une solution avant de fermer les lits», ajoute-t-elle.

Lits d’hôpitaux: compressions prévues par le Réseau de santé Vitalité

Restigouche: 25 (+13)

Madawaska 27 (+1)

Chaleur: 34: (-7)

Beauséjour: 13 (-7)