Un chasseur acquitté d’intrusion sur les terres de J. D. Irving

Un homme d’Edmundston, Louis Bérubé, a été acquitté d’une accusation d’acte d’intrusion sur les terres forestières de J. D. Irving. La juge Brigitte Volpé a toutefois tenu à préciser que sa décision ne donnait pas pour autant à quiconque un libre accès aux propriétés de la compagnie.

Louis Bérubé a été accusé d’acte d’intrusion et d’avoir circulé en véhicule tout-terrain sur les terres forestières de J. D. Irving. Les faits qui lui étaient reprochés s’étaient déroulés à Black Brook, dans le Nord-Ouest, le 8 novembre 2012, malgré un avis d’interdiction émis antérieurement à son égard.

Les procédures judiciaires se sont étalées sur trois ans. En rendant sa décision, mardi matin, la juge Brigitte Volpé a laissé entendre que des éléments essentiels n’ont pas été démontrés en preuve lors du procès dont l’exactitude de l’endroit où M. Bérubé a été intercepté et que cela se situait sur des terres forestières privées de J. D. Irving.

«Mon rôle n’est pas de statuer si M. Bérubé avait le droit ou non d’être sur ces terres. Mais cela ne donne pas pour autant à qui que ce soit un libre accès aux terres de J.D. Irving pour circuler ou chasser», a dit la juge Volpé.

Lors du procès, M. Bérubé a reconnu avoir été appréhendé par des agents de sécurité de J. D. Irving. Il a évoqué plusieurs arguments pour sa défense, dont celui que les adeptes de la faune doivent passer sur ces terres pour accéder à des territoires de chasse.

«La compagnie Irving possède 75 % du territoire forestier dans le Nord. Pour chasser, ça voudrait dire qu’il faudrait se rendre vers Fredericton. On ne peut pas quand même se retrouver 5000 sur les terres appartenant à la Couronne», a-t-il souligné.

Louis Bérubé allègue notamment que les terres de J. D. Irving sont avant tout des terres publiques et que la faune au Nouveau-Brunswick n’appartient pas à la compagnie.

«Ces terres servaient autrefois pour le chemin de fer. Elles ont été vendues à la compagnie pour la somme de 1 $. À partir de là, le public a été privé d’un bien collectif. J.D. Irving troque des droits de chasse en permettant à ses employés ou à des fournisseurs d’aller sur ses terres en organisant notamment son propre tirage au sort. Ça, c’est contraire à la loi», a-t-il lancé.

Interrogé à savoir si ce n’était pas de la provocation que se rendre à un endroit qui lui était interdit, M. Bérubé blâme plutôt la compagnie. Il considère que c’est une victoire importante pour les chasseurs.

«Ce n’est pas de la provocation. C’est la compagnie qui abuse de son droit de propriété. Moi, si je vais chasser là, ça ne dérange pas leurs activités. On nous vend un permis, mais il n’y a que très peu d’endroits où on peut aller au Nouveau-Brunswick. J. D. Irving n’a qu’à ouvrir ses barrières et exiger un droit de passage», a indiqué M. Bérubé qui a une seconde accusation similaire pendante devant le tribunal.

L’amende qu’il avait reçue pour cette infraction était d’environ 140 $.