Une longue liste d’espèces en péril au N.-B.

Alors que les dirigeants de la planète sont réunis à Paris pour s’attaquer à la question du changement climatique, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada s’est réuni à Ottawa afin d’évaluer la situation des espèces considérées comme étant en péril au Canada.

Le comité en est venu à la conclusion que changement climatique importe plus que jamais pour les espèces considérées en péril.

À sa dernière réunion à Ottawa, le comité a évalué le statut de 19 espèces canadiennes, portant le total de ces évaluations à 957 depuis 1977.

Quatre espèces en voie de disparition, neuf espèces menacées, cinq espèces préoccupantes  et une espèce sauvage non en péril ont fait l’objet de l’étude par un groupe d’environ 50 experts reconnus.

Au Nouveau-Brunswick, en vertu de Loi sur les espèces en péril, le ministère des Ressources naturelles a répertorié au fil des ans 90 espèces qui sont disparues, en voie de disparition, menacées ou encore considérées comme préoccupantes.

Au cours des dernières années, aucune espèce n’a été ajoutée à la liste des espèces disparues, qui comprend au Nouveau-Brunswick le carcajou, le caribou des bois, le loup gris, le morse de l’Atlantique et le mollusque alasmidonte naine.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada ajoute à cette liste le vison de mer, le grand pingouin, la tourte voyageuse et l’eider du Labrador, dont les disparitions remontent aussi loin que dans les années 1800.

Bon nombre de mammifères, d’oiseaux, de poissons et de plantes figurent quant à eux dans la liste des espèces en voie de disparition.

La situation de la baleine noire de l’Atlantique Nord et de la chauve-souris est celle qui préoccupe la plupart du temps les chercheurs et les groupes dédiés à la protection de la faune au Nouveau-Brunswick.

«La situation de la chauve-souris est inquiétante, c’est sévère, mais il y a d’autres espèces qui méritent notre attention», a tout d’abord indiqué la biologiste Maureen Toner, spécialiste des espèces en péril au ministère des Ressources naturelles.

Le syndrome du museau blanc, présent dans les principales grottes de la province où hibernent les chauves-souris, est à l’origine du décès de plusieurs milliers de ces mammifères.

Selon la revue Science,  la population de la petite chauve-souris brune au Nouveau-Brunswick s’effondrera jusqu’à l’extinction régionale en l’espace d’une vingtaine d’années.

«Dans certains cas, ça sera très difficile de rétablir une espèce. Les causes sont complexes, les gens s’inquiètent de plus en plus des changements climatiques », admet sans détour Maureen Toner.

La biologiste assure que le gouvernement de la province procède à des examens afin d’identifier quelles espèces vont bien, et quelles sont celles qui nécessitent des mesures de gestion et de conservation additionnelles. Les évaluations font partie d’un travail de coopération avec les autres ministères provinciaux et fédéraux responsables des espèces sauvages.

Chose certaine, la perturbation ou la destruction de l’habitat, l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, les changements climatiques et la pollution figurent invariablement dans la liste des nombreuses hypothèses expliquent le déclin de certaines espèces animales et végétales.

Certains de ces phénomènes sont toutefois loin d’être nouveau, selon Matt Abbott, le directeur de la conservation marine au Conseil de Conservation du Nouveau-Brunswick.

«Les problèmes avec la baleine noire de l’Atlantique Nord remontent à une époque lointaine où il y avait beaucoup de chasse, il y a de cela plus d’un siècle», explique celui qui est également sentinelle de la Baie de Fundy.

Toujours selon lui, la survie de la baleine noire est aujourd’hui menacée par la présence en mer de grands pétroliers et autres types de navires, par le stress provenant de la pollution sonore et l’absence de plancton qui est essentiel à son alimentation.

«La population de baleines noires s’est toutefois améliorée en Atlantique Nord, passant de 300 à environ 500 individus, mais cela a nécessité beaucoup de travail de la part d’organismes, d’industries et des gouvernements», a indiqué Matt Abbott.

La prochaine réunion d’évaluation des espèces sauvages du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada sera tenue en avril 2016.

Les populations de salamandre de Jefferson, de requin bleu et de morse de l’Atlantique feront entre autres l’objet d’évaluations de sa part au cours des deux prochaines années.