Les opposants au bilinguisme ont été surreprésentés dans l’actualité en 2015, selon le premier ministre du Nouveau-Brunswick.

S’il avait voulu faire preuve d’un cynisme décapant, le comité éditorial de l’Acadie Nouvelle aurait pu choisir l’opposant au bilinguisme à titre de Personnalité de l’année 2015. Force est de constater qu’il a été très actif au cours des 12 derniers mois.

Que ce soit lors d’une manifestation contre le bilinguisme institutionnel devant l’Assemblée législative avec 200 de ses congénères, ou caché derrière son clavier d’ordinateur pour harceler une jeune étudiante francophone (on se souviendra de la triste histoire de Marie-Line Forbes), l’opposant au bilinguisme s’est surpassé.

Les politiciens ont pu compter sur son appui pour remettre en question le transport scolaire homogène pour la minorité francophone, pour lyncher la commissaire aux langues officielles ou pour proposer la création d’un seul réseau de santé bilingue.

Dans son interview de fin d’année avec le journal, le premier ministre Briant Gallant a cependant tenu à remettre les choses en perspective.

«Des personnes qui sont contre le bilinguisme, il y en a toujours eu un peu, il n’y a pas de doute. Mais maintenant avec les médias sociaux, elles peuvent se faire entendre beaucoup plus facilement», résume le chef du Parti libéral.

«Nous avons peut-être malheureusement l’impression qu’il y a plus de monde qui sont contre (le bilinguisme) parce que ceux qui sont contre parlent fort et là ils ont un véhicule pour parler avec les médias sociaux.»

En août, les trois pages Facebook contre le bilinguisme les plus populaires au Nouveau-Brunswick cumulaient près de 9000 membres.

«Je ne pense pas que nous devrions donner trop de légitimité à quelques douzaines de personnes, parfois quelques centaines de personnes, qui sont en train de faire des manifestations», affirme M. Gallant.

«Je pense que nous passons tous collectivement un peu trop de temps peut-être sur les quelques personnes qui sont contre le bilinguisme. Nous devrions passer plus de temps sur les bénéfices, moi y compris.»

Les commentaires de certains députés de l’opposition sur le bilinguisme officiel ne sont cependant pas passés inaperçus auprès du premier ministre. On se souviendra des propos des députés Gary Crossman et Brian Macadonald contre le transport scolaire homogène ou de ceux de l’ancien ministre Blaine Higgs pour la fusion des réseaux de la santé.

«J’ai été un peu surpris de voir quelques commentaires surtout de députés du Parti progressiste-conservateur. J’ose croire que ça ne représente pas la majorité de leur parti», raconte Brian Gallant.

Lors des dernières élections provinciales, le Parti progressiste-conservateur n’a réussi à faire élire qu’une seule députée francophone.

«Souvent, lorsqu’il y a des commentaires qui sont faits, c’est corrigé et ça, c’est positif. Je sais qu’il y a quand même des personnes l’autre bord qui essayent très fort d’assurer que le Parti progressiste-conservateur parle des bénéfices des droits linguistiques et du bilinguisme.»

Les propos du premier ministre lui-même n’ont pas toujours fait l’unanimité chez les francophones. On lui a reproché sa position molle et même ses critiques à l’endroit de la commissaire aux langues officielles, Katherine d’Entremont, durant la controverse sur la langue des gardiens de sécurité du gouvernement.

Pour assurer la paix linguistique en 2016, Brian Gallant promet deux choses: plus d’efforts pour vanter les fruits du bilinguisme et davantage de croissance économique.

«Lorsqu’il y a des défis économiques, des tensions, que ça soit linguistique ou autre, peuvent surgir un peu plus facilement. Je pense que l’une des façons que nous pouvons jouer un rôle comme gouvernement pour assurer d’avoir une bonne relation entre les deux communautés linguistiques, c’est de prioriser la création d’emploi et la croissance économique.»

«Il faut être vigilant et il faut être sûr que nous sommes disciplinés dans notre message sur les bénéfices du bilinguisme.»

«Nous serons toujours là pour défendre les droits linguistiques», conclut-il.

logo-an

private

Vous utilisez un navigateur configuré en mode privé ou en mode incognito.

Pour continuer à lire des articles dans ce mode, connectez-vous à votre compte Acadie Nouvelle.

Vous n’êtes pas membre de l’Acadie Nouvelle?
Devenez membre maintenant

Retour à la page d’accueil de l’Acadie Nouvelle