Santé et éducation: des groupes soulagés par l’annonce de Gallant

Après les annonces de Brian Gallant lundi, les élus et les responsables des comités de sauvegarde des hôpitaux de la Péninsule acadienne se déclarent soulagés, mais restent sur leurs gardes.

«C’est une très bonne nouvelle!»

En lisant l’édition papier de l’Acadie Nouvelle mardi matin, Louise Blanchard a pris connaissance des déclarations du premier ministre. La veille, lors d’un point presse à Saint-Jean, Brian Gallant a annoncé que le budget provincial qui sera déposé le 2 février ne comprendrait aucune compression dans les domaines de la santé et de l’éducation.

«Les Néo-Brunswickois veulent que l’on protège les soins de santé, ils veulent que l’on protège l’éducation et c’est exactement ce que nous allons faire», a-t-il dit.

Pour la porte-parole du Comité Action H qui vieille au maintien et milite pour le développement de l’hôpital de Caraquet, ces paroles sont de bon augure. La Révision stratégique des programmes lancée l’année dernière a fait ressurgir la crainte de voir la fermeture de l’établissement proclamée, comme ce fut le cas en 2005.

«Ç’a été une très mauvaise décision. Après ça, les hôpitaux de Tracadie et de Bathurst ont été surchargés», se souvient Louise Blanchard.

À Lamèque aussi, on pousse un «Ouf!» de soulagement. La semaine dernière, un communiqué de presse émis par Fredericton suggérait qu’une dizaine d’hôpitaux seraient fermés et que le nombre d’élèves par classe dans les écoles augmenté. Réginald Paulin, le maire de Lamèque, avait frémi en lisant ce document.

«S’ils avaient décidé de fermer de 6 à 10 établissements comme ils en parlaient, c’était inévitable que Lamèque en aurait fait partie.»

Les nouvelles positions du premier ministre rassurent l’élu. Celui-ci rappelle que l’hôpital de sa municipalité a été créé par la population, dans les années 1940.

«À l’époque, il n’y avait pas de services de soins, pas de médecins. Une violente tempête et les îles de Lamèque et de Miscou se retrouvent isolées. L’hôpital est né d’un besoin qui est toujours là et qui le sera encore. Les îles ne changeront pas de place. La problématique de l’isolement est une réalité.»

Louise Blanchard et Réginald Paulin respirent mieux, tout comme la présidente du Comité de sauvegarde et d’amélioration des services de santé de Tracadie, Norma McGraw. Tous refusent cependant de se réjouir trop vite et émettent des réserves.

«Je ne tiens rien pour acquis. Ça ne nous dit pas si le gouvernement va investir dans notre système de santé, ce qui est une nécessité. Il faut l’améliorer. À Tracadie, nous avons besoin d’un Centre de santé communautaire, notamment pour le suivi des maladies chroniques. Et le retour de notre service de mammographie.»

Celui-ci a été supprimé en mars à Tracadie. Les patientes sont contraintes de subir leurs examens à Caraquet ou à Bathurst.

«Les femmes doivent attendre de trois à quatre mois pour un test de dépistage comparativement à deux ou trois semaines avant la perte de ce service», insiste Norma McGraw.

Et celle-ci de souligner que le cancer du sein est la quatrième cause de décès dans la région. Caraquet aussi formule des revendications.

«Nous avons besoin d’une machine ultra-sons et d’un radiologiste, même si ce n’est que quelques jours par semaine. Et il faudrait augmenter le nombre de lits.»

Louise Blanchard rencontrera prochainement le directeur du Réseau Vitalité pour le sensibiliser à nouveau sur ces questions.

Brian Gallant a-t-il été porteur de bonne nouvelle? Si Norma McGraw, infirmière à la retraite, compare avec le temps où elle était en activité, elle a le sentiment que la situation s’aggrave. «C’est préoccupant», conclut-elle.

Le milieu de l’éducation également soulagé

Les élus locaux et les responsables des comités de sauvegarde des hôpitaux de la Péninsule acadienne ne sont pas les seuls à applaudir les propos de Brian Gallant, qui a promis de protéger la santé et l’éducation dans son prochain budget.

Les parents des élèves fréquentant l’école La Découverte à Saint-Sauveur accueillent favorablement cette annonce.

Selon Guy Lanteigne, le président du Comité de développement La Découverte, cela montre que le gouvernement a pris conscience de l’importance de l’éducation dans une société qui aspire à croître.

«Le Nouveau-Brunswick rural a des problèmes urgents à régler. Par exemple, assurer sa relève démographique et sa croissance. Plusieurs des petites écoles que nous retrouvons dans nos régions sont en fait des joyaux et aident beaucoup le Nouveau-Brunswick rural dans son développement. Je crois que le gouvernement Gallant le réalise aujourd’hui et c’est une excellente nouvelle», commente-t-il.