Burkina Faso: les anciens d’Ode à l’Acadie ébranlés

L’attaque terroriste perpétrée vendredi au Burkina Faso n’a pas été sans ébranler les membres de l’ancienne formation musicale Ode à l’Acadie.

La populaire troupe acadienne a eu l’occasion de séjourner une dizaine de jours à Ouagadougou, la capitale du pays, lors du Xe Sommet de la Francophonie qui s’est tenu à cet endroit en novembre 2004.
«Lorsque je vois des évènements comme ça qui se produisent à des endroits où j’ai passé beaucoup de temps, ça me fait de la peine et ça vient me chercher», a indiqué à l’Acadie Nouvelle Christian Kit Goguen.
«Je revois les visages des gens que j’ai connus à cet endroit-là. Je pense à eux et à ce qu’ils doivent vivre actuellement».
Le raid djihadiste, qui s’est déroulé vendredi au café-restaurant Cappuccino et au luxueux hôtel Splendid a fait jusqu’à maintenant 30 victimes, dont six travailleurs humanitaires canadiens.
«Nous sommes passés par là durant le Sommet, c’est certain. Ça ne m’étonnerait pas du tout que nous nous soyons même arrêtés à cet endroit pour prendre un café», a ajouté Kit Goguen.
René Cormier, qui assurait à l’époque la direction artistique et la mise en scène d’Ode à l’Acadie, se souvient que la troupe était excitée à l’idée de s’envoler à destination de l’Afrique pour y présenter quelques spectacles et représenter l’Acadie durant le Sommet de la Francophonie.
«C’était à la fois un choc culturel et une grande expérience pour eux», se rappelle l’actuel président de la Société Nationale de l’Acadie.
Louise Vautour, la violoniste du groupe, s’est dite ébranlée à la vue des images de l’attentat diffusées par les médias.
«Je me souviens à ce moment que j’étais prête pour l’aventure. Le contexte à l’époque était plutôt rassurant, je me sentais pas mal toujours en sécurité», a indiqué l’artiste acadienne qui est maintenant établie à Ottawa.
Et si la troupe Ode à l’Acadie avait un spectacle prévu à Ouagadougou en mars, qu’adviendrait-il de celui-ci?
«Si c’était à refaire, j’y retournerais pour faire un spectacle», affirme sans détour Christian Kit Goguen.
«Le terrorisme veut semer la peur. Si l’on s’empêche de vivre, on leur donne raison et la victoire. J’étais à New York une semaine avant les attentats du World Trade Center en 2011, avec le Cirque du Soleil à Moscou où un attentat a eu lieu quelques mois plus tard à notre aéroport et à Paris plusieurs fois, mais je refuse de vivre avec la peur».
Louise Vautour serait pour sa part un peu moins encline à retourner de ce pas au Burkina Faso.
«Tout dépendrait du contexte, j’aurais tendance en ce moment à dire non», a indiqué celle-ci.

Le recteur attristé

Le recteur de l’Université de Moncton transmet ses condoléances à ceux et celles affectés par l’attentat.
Raymond Théberge souligne que les membres de la communauté universitaire sont attristés par cette tragédie. Plusieurs diplômés, étudiants, et des membres du personnel de l’institution acadienne sont burkinabés.
Des parents de trois étudiants ont été victimes de l’attentat. Une mère a été atteinte par balle, mais sa vie n’est plus en danger. D’autres membres de leurs familles ont été pris en otage, avant d’être libérés.