Bureau de la traduction: la SANB sonne l’alarme

La présidente de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) dénonce la «situation difficile» dans laquelle se retrouve le Bureau de traduction du gouvernement fédéral.

La semaine dernière, le quotidien Le Droit a dévoilé que plusieurs postes ont été supprimés au sein de l’appareil de traduction du gouvernement fédéral. Certains employés travaillent jusqu’à 80 heures supplémentaires par mois afin de combler le vide.

Un porte-parole du Bureau de traduction du gouvernement fédéral a confirmé à l’Acadie Nouvelle qu’en 2010, l’organisme comptait près de 2000 employés alors qu’en 2015, il en a moins un peu plus de 1300.

Jeanne d’Arc Gaudet, présidente de la SANB, craint que l’accès à un service de qualité dans les deux langues officielles soit à risque. Elle se méfie notamment du fait que le gouvernement fédéral a de plus en plus recours à un nouvel outil de traduction automatique.

«On est en train de diminuer le nombre de personnes, et il semblerait qu’on les remplace par les nouvelles technologies. Mais c’est très dangereux. On se rend compte depuis certaines années que les traductions automatiques ne sont pas aussi compétentes qu’elle devrait être.»

«La traduction, c’est complexe, particulièrement quand on traduit de l’anglais au français. Je ne veux pas que les francophones à travers le pays et au Nouveau-Brunswick deviennent des citoyens de deuxième classe.»

Pour sa part, le gouvernement se fait rassurant, affirmant que la diminution du nombre d’employés «n’a pas d’incidence sur la qualité des services offerts».

«Le Bureau de la traduction répond aux besoins des organisations fédérales en comptant sur un effectif compétent, en travaillant de près avec l’industrie langagière et en misant sur l’essor des outils technolangagiers», mentionne dans un courriel l’agent de communication Pierre-Alain Bujold.

Les communications entre le gouvernement fédéral et les citoyens du pays sont nombreuses et multiples. Elles ont lieu chaque fois qu’un Canadien remplit un formulaire d’impôts, une demande d’assurance-emploi, et toute autre demande de service fédéral. Elles se produisent chaque fois qu’un citoyen communique avec son député, et chaque fois qu’il reçoit une communication de la GRC, de Santé Canada, d’Anciens Combattants Canada, et de tous les ministères fédéraux.

Le droit d’obtenir ces communications dans la langue de Molière est garanti par la Loi sur les langues officielles, rappelle Mme Gaudet. C’est pourquoi elle demande au premier ministre Justin Trudeau de réviser le dossier.

«Le Bureau de traduction est une pièce maîtresse du bilinguisme officiel au Canada et nous demandons au premier ministre Trudeau de revoir le dossier pour s’assurer que les décisions respectent pleinement la Loi des langues officielles.»

L’automne dernier, Mme Gaudet avait exprimé des craintes par rapport à la situation de la traduction dans la province. Le gouvernement provincial avait alors lancé un appel d’intérêt menant potentiellement à la privatisation de services de traduction.