Les recherches menées par les historiens à ce jour n’ont pas établi l’existence d’une communauté métisse historique à Kouchibouguac, selon un professeur d’histoire de l’Université de Moncton.

Entre le début de la colonisation et le Grand Dérangement de 1755, les relations entre les Acadiens et les Autochtones étaient relativement harmonieuses. Autour de la traite de fourrure, des communautés métisses se sont formées sur les territoires connus aujourd’hui comme la Gaspésie et la Nouvelle-Écosse.

C’est ce que soutient Denis Jean, de l’Université de Moncton, dans sa thèse de maîtrise déposée en 2011, Ethnogenèse des premiers Métis canadiens (1603-1763).

Les recherches de M. Jean lui ont permis d’affirmer que les descendants des premières familles métisses sont devenus «le ciment de l’alliance franco-autochtone» en se spécialisant dans les domaines de l’interprétation et de la diplomatie. Il va même jusqu’à suggérer que «l’ancien consensus, dans l’historiographie, comme quoi les individus et familles d’ascendance mixte se sont simplement assimilés aux Français ou aux Amérindiens, ne tient plus.»

Au milieu du 18e siècle, toutefois, la croissance des jeunes communautés métisses a été amputée brusquement lors de la déportation des Acadiens. Lors de leur retour, quelques décennies plus tard, les relations entre les francophones et les autochtones n’étaient plus aussi fluides.

«Après le retour, il semble y avoir moins de relations entre les Acadiens et les Micmacs. Ce n’est pas pour dire qu’il n’y a aucune possibilité, mais les origines des communautés métisses viennent de l’époque d’avant le Grand Dérangement, à ma connaissance», explique Gregory Kennedy, professeur de l’Université de Moncton spécialiste de l’Acadie coloniale.

Il est donc pertinent de savoir si les Acadiens habitaient à Kouchibouguac avant la déportation. Selon M. Kennedy, la réponse est non.

«Pour cette région-là (le nord du détroit de Northumberland), il n’y a pas vraiment de présence européenne avant le Grand Dérangement. Il y a sans doute des pêcheurs français actifs dans la région. Mais il faut attendre le retour (des Acadiens après la déportation) pour voir des colons européens.»

Quant à savoir si malgré l’éloignement des Micmacs et des Acadiens une communauté métisse aurait pu se former après le retour des Acadiens, plus de recherches doivent avoir lieu pour se prononcer de façon définitive, selon M. Kennedy.

«Il n’y a pas beaucoup d’études qui expliquent l’expérience des premières décennies après le retour. Il faut vraiment attendre le milieu du 19e siècle pour avoir plus d’études d’information. Il y a du travail à faire avec les registres paroissiaux, avec les recensements, et avec d’autres documents officiels pour reconstituer ces communautés pour voir s’il y a des groupes à part.»

D’autres chercheurs ont affirmé que les conditions économiques favorables pour l’émergence de peuples métis existaient seulement dans l’Ouest canadien. C’est notamment le cas du professeur de droit métis à la retraite Paul Chartrand et l’historienne Olive Dickason, affirme-t-on dans un rapport du professeur de l’Université d’Ottawa Sébastien Grammond

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